Mark Zuckerberg, prochain président des États-Unis?

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Meetings à travers les États-Unis, recrutements au sein de sa fondation: certains indices laissent penser que le fondateur de Facebook préparerait la course à la présidentielle américaine.

Après avoir élu un homme d'affaires et magnat de l'immobilier à la tête du pays, l'Amérique est-elle prête à accueillir le petit génie de l'informatique qui se cache derrière le réseau social le plus populaire de la planète? Si Mark Zuckerberg, 33 ans, assure qu'il n'a aucune intention de se présenter aux élections présidentielles de 2020, de nombreux indices laissent pourtant penser le contraire...

Ambitions politiques
Serait-il improbable d'imaginer que Mark Zuckerberg puisse rêver d'être président ? Pas tant que ça. En 2015, Wikileaks avait révélé des emails échangés entre John Podesta, le directeur de campagne d'Hillary Clinton, et Sheryl Sandberg, la numéro 2 de Facebook. Cette dernière y écrivait notamment: "Il [Mark Zuckerberg] est particulièrement volontaire pour rencontrer quiconque pourrait l'aider à comprendre comment faire bouger les curseurs sur les questions de politiques publiques dont il se soucie. Il souhaite rencontrer des personnes qui puissent nourrir sa compréhension des opérations politiques pour changer les politiques publiques afin de poursuivre ses objectifs sociaux (comme l'immigration, l'éducation, et la recherche)".

Le fondateur de Facebook avait par la suite envoyé un email à Podesta en personne pour lui dire qu'il avait apprécié passer du temps avec lui, et que leur conversation lui avait donné "matière à réflexion".

Comme un air de campagne...

"Zuck" aurait-il déjà commencé à placer ses pions? En février 2017, il publiait sa traditionnelle lettre ouverte de la nouvelle année sur son compte Facebook. Parmi ses bonnes résolutions, Mark Zuckerberg disait vouloir visiter chacun des 50 États avant 2018.

Depuis, il voyage à travers le pays pour "écouter" les gens, et s'intéresse aux différentes problématiques qu'ils rencontrent. Le 12 juillet dernier, il s'est notamment rendu dans une ferme d'élevage du Dakota du Sud. Quelques jours plus tard, le 17 juillet, il rend également visite à la tribu indienne des Blackfeet, dans le Montana. Sur son compte, le fondateur de Facebook décrit la vie quotidienne de la tribu, ainsi que les problèmes d'obésité, de diabète, ou encore de drogue et d'alcoolisme qu'elle affronte.

Pour documenter le tout, Mark Zuckerberg a engagé Charles Ommanney, un photographe qui a travaillé pour les campagnes de George W. Bush et d'Obama.

Ces visites hyper médiatisées posent question, mais sont finalement savamment justifiées par la fameuse lettre ouverte publiée quelques mois plus tôt... Mais pourquoi un jeune milliardaire prendrait-il la peine de sillonner le pays pour se rendre dans une ferme, enfiler un costume d'ouvrier ou rencontrer des militaires, des pompiers, des policiers, ...?

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Recrutements en béton

Mark Zuckerberg et son épouse, Priscilla Chan, ont également réalisé des recrutement successifs au sein de leur fondation philanthropique, Chan Zuckerbeg Initiative.

Le couple a engagé Joel Benenson, un sondeur démocrate, ancien conseiller du président Barack Obama et chef de la stratégie de campagne d'Hillary Clinton, en tant que consultant pour leur fondation.

David Plouffe, responsable de la campagne d'Obama en 2008, Amy Dudley, ancienne conseillère en communication pour le sénateur Tim Kaine, et Ken Mehlman, chef de la campagne de réélection de 2004 du président George W. Bush, ont également rejoint les rangs de la Chan Zuckerberg Initiative. Des recrutements en béton qui attisent naturellement les spéculations entourant d'éventuelles ambitions politiques du fondateur de Facebook.

Mark Zuckerberg et son épouse Priscilla Chan ont créé la Chan Zuckerberg Initiative en 2015. © photo news.
David Plouffe durant la campagne d'Obama en 2008. © afp.

Un pouvoir illimité?

Certains s'inquiètent des possibilités infinies que pourrait offrir Facebook à son créateur. Avec deux milliards d'utilisateurs dans le monde, le réseau social permet de collecter un nombre gigantesque de données personnelles. S'il devenait président des États-Unis, Zuckerberg serait aussi à la tête de l'un des outils d'information (et de surveillance...) les plus importants de la planète.

"De grands barons des médias ont déjà occupé de hautes fonctions politiques. Mais un baron des médias sociaux, s'il était élu président, constituerait une expérience sans aucun précédent en politique et dans la capacité de contrôler nos perceptions", s'inquiète notamment le magazine Wired.

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Sarah Winkel 9/10/17 - 12h56