Le "mur de la honte" à Liège sera détruit

Une initiative visant à empêcher les sdf d'accéder à un abri suscite la polémique à Liège. Vingt-sept sans-abris sont morts à Liège en 2014. La ville a décidé de le détruire.

Après le dispositif anti-sdf à l'extérieur d'un Delhaize d'Ixelles, c'est au tour des sans-abris liégeois d'être privés d'un point de chute. De nombreux internautes et riverains ont dénoncé la construction d'un mur sous une passerelle sur la place des Carmes, refuge régulier des sans-abris à l'écart du vent et de la pluie.

Du côté des autorités communales, on semblait, mercredi, ignorer la construction d'un tel dispositif. "C'est une initiative pour laquelle je n'ai pas été informé préalablement", s'étonnait mercredi Willy Demeyer, le bourgmestre de la ville, à L'Avenir.

"Ce n'est pas du tout un dossier qui est de la compétence du bourgmestre", précisait son attachée de presse, chargeant l'échevin de la Vie sociale, André Schroyen. Après avoir suspendu les travaux, la Ville de Liège a finalement décidé de détruire ce mur et le remplacer par un autre dispositif de sécurisation, qui n'a pas encore été déterminé. C'est ce qu'a annoncé jeudi le bourgmestre de Liège Willy Demeyer.

Propreté et hygiène publique
La Ville se défend d'avoir voulu chasser les SDF qui y dormaient et parle de problèmes de sécurité et de salubrité qu'il fallait résoudre. Ce que certains surnomment déjà à Liège le mur de la honte avait été construit à l'initiative de l'échevin de la Propreté publique André Schroyen, en concertation avec ses services. "Cet endroit a toujours posé des difficultés. Il s'agissait de trouver une solution à un problème de gestion de la propreté et d'hygiène publique", justifie-t-il.

Le bourgmestre ajoute que les deux cabines électriques présentes place des Carmes ont déjà été retrouvées ouvertes et que des seringues y jonchent régulièrement le sol. "Ce lieu présente des problèmes de sécurité et d'hygiène. Mais nous allons prendre des dispositions pour que le mur disparaisse", assure Willy Demeyer.

27 SDF décédés en 2014
"Liège est une ville ouverte, tolérante, qui veut être à l'écoute. Nous ne pouvons pas souffrir du fait que l'image de cette ville soit à ce point abîmée", ajoute le bourgmestre. Ce dernier a tenu à rappeler que de multiples initiatives étaient prises pour aider le public précarisé, via le CPAS, le plan de cohésion sociale et le Relais social du pays de Liège.

"Nous n'avons pas à avoir honte de notre action sociale", conclut-il.  Cette polémique est née au lendemain d'une cérémonie à l'Hôtel de Ville de Liège en l'honneur des 27 SDF décédés en 2014 en Cité Ardente.

Par: rédaction 30/04/15 - 12h25

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