La victime de Knokke avait-elle rendez-vous avec son meurtrier?

© Facebook/Sofie Muylle.

Deux mois après la découverte de son corps sous la terrasse d'une brasserie de la digue de Knokke, on en sait toujours peu sur les circonstances du meurtre de Sofie Muylle. Les enquêteurs pensent cependant que la jeune femme a été attirée par un inconnu - peut-être le fameux homme à la veste bleu électrique - qui l'a tuée car elle ne suivait pas ses instructions.

Le 22 janvier dernier, des promeneurs repéraient le corps sans vie de l'esthéticienne de 27 ans à peine dissimulé sous la terrasse de la brasserie Le P'tit Bedon à Knokke. La mort de la jeune femme serait survenue quand l'auteur lui a enfoui la tête dans le sable jusqu'à l'étouffement. Il aurait ensuite traîné son corps à travers la plage pour s'arrêter à proximité de la digue et l'abandonner finalement sous la terrasse en bois.

"Nous ne voulons pas d'un cold case"
Deux mois révolus et toujours pas une seule preuve supplémentaire de ces allégations ou de la responsabilité de "l'homme en bleu", et ce malgré les efforts quotidiens des enquêteurs de la police judiciaire. L'appel à témoins et la diffusion d'images issues des caméras de surveillance n'ont offert aucun témoignage probant. Pourtant, onze personnes sont bel et bien visibles sur lesdites images et pas moins de 40 "tuyaux" ont été ajoutés au dossier.

Malgré tout cela, la justice n'a mis la main sur aucun suspect. "Cela s'avère être une enquête très difficile, mais nous faisons tout pour que cette affaire ne devienne pas un cold case", résume un enquêteur.

"Je sors faire un tour"
Sofie Muylle a été vue en vie pour la dernière fois au café KZ Piano Bar, où elle s'est rendue au petit matin avec son compagnon, le Brugeois W.C. Pourtant, après seulement quelques minutes à l'intérieur, la jeune femme a annoncé sortir pour une petite promenade seule. "Je vais faire un petit tour", a-t-elle laconiquement dit à son petit ami. Celui-ci pensait la voir revenir rapidement, vu qu'elle avait laissé son GSM et son sac à main à l'intérieur. Il n'en fut rien.

De là, c'est l'inconnu: une ombre qui pourrait être Sofie Muylle, mais dont les enquêteurs ne sont pas certains qu'il s'agit d'elle, a ensuite été vue à deux reprises sur les images de vidéosurveillance de la rue. L'endroit où son corps a été retrouvé est à plus d'un kilomètre du KZ Piano Bar; quant à sa veste, elle a été découverte au bord de l'eau, à quelques centaines de mètres de son cadavre.

Mauvaise fréquentation?
La justice se demande désormais si la jeune femme n'est pas montée dans une voiture, après quoi elle aurait marché jusqu'à la plage, probablement avec son assassin. Cela expliquerait pourquoi on ne la voit pas descendre dans le sable sur les images de vidéosurveillance à l'arrière du casino. Les enquêteurs envisagent par exemple qu'elle ait pu rejoindre un autre homme avec qui elle avait incognito convenu d'un rendez-vous rapide, ce qui expliquerait qu'elle ait laissé son petit ami dans le bar avec ses affaires en prétextant vouloir prendre l'air.

Des éléments indiquent que la victime aurait été attirée dans un piège par un individu évoluant dans le milieu criminel et aurait assassinée parce qu'elle ne suivait pas ses directives. L'individu en question pourrait être l'homme à la veste bleue qui a été repéré sur les images de vidéosurveillance mais cet inconnu ne s'est jamais présenté à la police pour être auditionné, ce qui jusqu'ici aurait été le cas comme témoin et non comme suspect. L'homme a non seulement été filmé sur la digue, mais également été vu deux fois plus tôt dans la matinée, par des joggers, alors qu'il était sur la plage à hauteur de la terrasse où gisait le corps sans vie de Sofie Muylle. Sur les images vidéo, on le voit encore rôder sur la digue alors que la police fait déjà les constatations d'usage. La raison pour laquelle il a si longtemps "traîné" dans les alentours des lieux du crime sans jamais se signaler pose question. La police n'est par contre pas certaine que "l'homme à la veste bleu électrique" que l'on voit sur les images était à chaque fois le même homme.

Trop présent puis trop absent
Après la diffusion des images dans l'émission flamande "Faroek", huit personnes des onze visibles sur les images ont pu être identifiées, la plupart se présentant spontanément à la police en se sachant concernées ou témoins potentiels. Le fait que cet homme au centre de toutes les questions a évité toute audition confirme qu'il a sans doute quelque chose à cacher. Son attitude fuyante ne "colle" pas avec le profil d'un éventuel badaud curieux qui a ensuite forcément dû se renseigner sur l'affaire du corps qu'il a entrevu à la plage, et donc vraisemblablement lu ou entendu dans les médias qu'on recherchait activement un homme avec une veste similaire à la sienne.

Quant au compagnon de la victime, W.C., il n'a été entendu que comme témoin. Il a livré sa version de la dernière soirée passée avec sa petite amie avant le drame mais aucun élément à charge n'a pu être retenu contre lui. "Mon client n'est pas dans le viseur des enquêteurs. Il n'y a donc aucune indication d'une quelconque culpabilité", a tenu à rappeler son avocat, Luc Arnou. On sait également que le patron et qu'un client du KZ Piano Bar ont été interrogés, mais ces deux proches du couple n'auraient rien pu apporter au dossier.

© VTM.
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Par: rédaction 22/03/17 - 13h45