Pas d'extension au contrôle des réseaux sociaux utilisés par les demandeurs d'asile

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Il n'y aura pas d'extension au Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) du contrôle des réseaux sociaux utilisés par les demandeurs d'asile, contrairement à ce que le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, avait récemment annoncé dans la presse, a-t-on appris à l'issue du Conseil des ministres. Le gouvernement a approuvé vendredi une série de transpositions de directives européennes qui touchent peu à ce sujet.

"Ce qui a été annoncé comme quelque chose de neuf n'est pas neuf", a résumé la députée CD&V Nahima Lanjri, spécialiste des questions d'asile et de migrations au sein de son parti. Le CGRA dispose déjà de la faculté de vérifier certains récits énoncés par les demandeurs d'asile sur les réseaux sociaux, leurs téléphones et ordinateurs portables.

L'année dernière, le secrétaire d'Etat N-VA avait déjà annoncé sa volonté d'étendre ce mécanisme de contrôle à l'Office des Etrangers, à l'occasion d'une visite de travail au Danemark. Le patron de l'Office des Etrangers (OE), Freddy Roosemont, avait lui-même plaidé en ce sens devant la commission d'enquête sur les attentats. L'ambition principale des défenseurs de cette mesure à l'Office est de tracer le chemin parcouru par les demandeurs d'asile dans le contexte des règles de Dublin qui permettent de renvoyer un étranger vers l'Etat européen où il est arrivé en premier lieu, pour demander l'asile.

"Une immixtion trop importante dans la vie privée"
Mais le CD&V a bloqué sur cette extension. "Il s'agit d'une immixtion trop importante dans la vie privée. Cette entorse ne peut être autorisée que pour le CGRA qui, bien plus que l'Office des Etrangers, est une administration indépendante", a justifié Nahima Lanjri.

La députée rappelle que même pour le CGRA il existe des balises. Il ne peut avoir accès qu'aux informations publiques partagées sur les réseaux sociaux, pas à celle qui sont partagées avec l'entourage. Et les contenus des ordinateurs et téléphones ne peuvent être consultés qu'avec l'accord du candidat.

Vendredi soir, la N-VA continuait d'annoncer par voie de communiqué la possibilité pour le CGRA de vérifier les informations concernant des demandeurs d'asile sur les réseaux sociaux. Or, cette possibilité existe déjà.

Par: rédaction 21/04/17 - 19h12