La direction de l'abattoir d'Izegem "choquée" par les images

© belga.

La direction de l'abattoir d'Izegem, fermé mardi matin sur ordre du ministre flamand en charge du bien-être animal, s'est dite "choquée" par les images tournées par l'association "Animal Rights". "Nous prenons ça très au sérieux et nous ferons tout pour que cela n'arrive plus", a affirmé le responsable Louis Verbist dans un communiqué.

"La direction de l'abattoir a été informée hier/lundi soir que des images avaient été tournées en caméra cachée. Mais elle n'a pu les découvrir que ce mardi matin dans les médias", indique le texte. "Certaines de ces images sont insupportables. Naturellement, nous sommes choqués", ajoute-t-il.

Selon la direction, un audit sera mené à partir du 13 septembre par le département bien-être animal de l'école supérieure Thomas More. Sur base de celui-ci, "un plan d'action complet sera mis en place", assure-t-elle enfin.

"Des pratiques qui portent atteinte au travail des éleveurs"
"Nous ne cautionnons absolument pas ces pratiques qui portent atteinte au travail des éleveurs en amont", a assuré mardi Yvan Hayez, secrétaire général de la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA).

"Ces images sont choquantes et nous nous en distançons totalement", a poursuivi M.Hayez. "Des mesures en faveur du bien-être animal ont été prises ces dernières années, notamment en matière de transport. Elles doivent s'appliquer également aux abattoirs", a-t-il ajouté.

"Notre volonté, c'est d'offrir des produits de qualité aux consommateurs. Or, on sait que ce n'est pas le cas quand une bête est abattue alors qu'elle est stressée. Ce type de pratique n'est donc pas dans l'intérêt du secteur", a encore souligné le responsable de la FWA.

Ce dernier s'interroge toutefois sur l'objectif réel de l'organisation 'Animal Rights' qui a transmis à la presse cette vidéo compilant des images filmées du 17 au 31 juillet 2017 dans l'abattoir Verbist. "A la fin du document, il semble qu'il y ait une invitation à ne plus consommer de viande. On peut donc se demander s'il s'agit réellement du bien-être animal ou de prosélytisme contre la viande", a-t-il conclu.

Gaia demande la création d'une unité spéciale d'évaluation
L'association de défense des animaux Gaia réclame des mesures concrètes, dont la mise en place d'une unité spéciale d'évaluation, "pouvant exiger à tout moment l'obtention d'images vidéo afin de les analyser et de proposer des améliorations et des changements".

Gaia demande également au gouvernement flamand de "libérer les moyens nécessaires afin que des inspecteurs habilités contrôlent le processus d'abattage de chaque animal, et agissent efficacement dans chaque cas où des dysfonctionnements apparaissent". Si nécessaire, l'intervention des vétérinaires chargés de mission de l'Afsca doit être demandée, poursuit Gaia.

Celle-ci plaide encore pour que soit interdite "l'utilisation de l'aiguillon électrique et de tout autre objet servant à martyriser un animal, tel qu'un bâton" ainsi que pour une "formation intensive" des travailleurs afin qu'ils manipulent correctement les animaux.

L'association souhaite enfin que chaque abattoir installe des caméras pour filmer le processus d'abattage.

Par: rédaction 12/09/17 - 15h20