La Wallonie mise sur le covoiturage sur la bande d'arrêt d'urgence

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La Flandre va étendre à certains tronçons autour de Gand, Louvain, Bruxelles et Beringen (Limbourg) l'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence par les usagers lors des heures de pointe, afin de fluidifier davantage le trafic, rapportent mardi les journaux Het Nieuwsblad et De Standaard. En Wallonie, l'idée n'est pas à l'ordre du jour, si ce n'est pour le covoiturage.

Cette extension de ces "bandes d'heures de pointe" - séparées des voies centrales par une large ligne blanche discontinue - interviendra au cours des deux prochaines années.

Le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), a indiqué en réponse à une question parlementaire qu'il prévoyait de consacrer 64 millions d'euros aux aménagements nécessaires de quatre de ces nouvelles bandes (marquages au sol, nouvel asphaltage, élargissement de ponts et de viaducs, aménagement des rails de sécurité et placement de murs anti-bruit ainsi que de signalisation "dynamique" adaptée).

Une expérience concluante, mais quid de la sécurité?
Ce n'est pourtant pas une nouveauté en Flandre. En effet, on compte déjà trois sections autoroutières ainsi aménagées au nord du pays: sur la E313 (Anvers-Liège) entre Anvers-est et Ranst, sur la E40 (Bruxelles-Liège) entre Sterrebeek et Bertem ainsi que sur la E19 entre Anvers-Nord et Sint-Job-in-'t-Goor, en direction de la frontière avec les Pays-Bas.

Une telle initiative vise évidemment à réduire les embouteillages aux heures de pointe. Car, outre Bruxelles, les métropoles flamandes sont également frappées de plein fouet pas la congestion automobile.

Mais quid de la sécurité? À l'institut Vias (ex-IBSR), on constate que les expériences menées en Flandre n'ont pas montré d'impact négatif sur la sécurité routière, nous explique un porte-parole de l'organisation, laquelle se dit favorable à l'ouverture de la bande d'arrêt d'urgence. À certaines conditions néanmoins, parmi lesquelles la présence d'une signalisation claire ou encore la création d'espaces de secours pour les voitures en panne.

En Wallonie, on mise sur le covoiturage
Et au sud du pays? Pour l'instant, aucune initiative de ce type n'est à l'étude en Wallonie, indique le cabinet du ministre wallon de la Mobilité Carlo Di Antonio. La priorité est actuellement accordée au covoiturage.

Un test sera effectué en ce sens l'année prochaine sur la E411 aux alentours d'Arlon, où la bande d'arrêt d'urgence sera libérée pour le carpooling. Des discussions sont également en cours afin d'effectuer un autre test, toujours sur la E411, entre Wavre et le viaduc Herrmann-Debroux.

Pourquoi la Wallonie ne suit-elle pas la Flandre?
Pourquoi le ministre Di Antonio ne suit-il pas l'initiative prise par son homologue flamand? "Tout simplement car la Wallonie ne connait pas les mêmes embarras de circulation autour de ses villes que la Flandre", souligne-t-on à l'institut Vias.

Maxime Czupryk avec Belga 17/10/17 - 15h07