Dassault vante un retour de 20 milliards d'euros sur vingt ans

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Le président-directeur général du groupe français Dassault Aviation, Éric Trappier, a signé mardi une bonne douzaine d'accords de coopération avec des industriels belges dans le cadre de la proposition de partenariat stratégique franco-belge relatif à l'aviation de combat bâtie autour du chasseur "omnirôle" Rafale, que Paris présente en dehors du cadre légal défini pour le remplacement des F-16 belges vieillissants.

Ces 13 nouveaux "Memorandums of Understanding" (MoU), qui s'ajoutent à ceux déjà signés précédemment, portent à plus d'une trentaine le nombre de documents contractuels conclus par Dassault et ses partenaires du Groupement d'intérêt économique (GIE) Rafale international, également composé de Safran et de Thales, avec l'industrie belge.

"Ils couvrent des domaines très variés qui vont de la maintenance de l'avion de combat Rafale, à la formation des ingénieurs en aéronautique, en passant par la participation à des projets de drone, l'automatisation des lignes de production, l'additive manufacturing (impression 3D, NDLR), la maintenance prédictive, la simulation, la recherche dans les matériaux avancés et les projets de +Smart City+ (villes intelligentes)", a précisé Dassault dans un communiqué.

Les entreprises concernées - petites et grandes - sont la Sabca, Safran Aero Booster, Thales Belgium, Asco, Esterline, Flying Group, DronePort, ie-net, JDC Innovation, AKKA Belgium, Amia Systems, Ilias et Alt-F1.

M. Trappier a expliqué que ces accords seraient suivis de plusieurs dizaines d'autres accords similaires de manière à atteindre les objectifs que les industriels de l'aéronautique français se sont fixés pour les retours industriels et sociétaux de l'offre faite à la Belgique dans le cadre du remplacement des F-16.

En pérennisant les plus de 800 millions d'euros de commandes annuelles déjà passées en Belgique sur au moins vingt ans et en élargissant les coopérations en cas de choix du Rafale, Dassault, Thales et Safran s'engagent à valoriser ces "retours économiques et sociétaux" à "au moins 100% de l'investissement" pour le remplacement des F-16. Soit au moins vingt milliards d'euros sur vingt ans, répartis en fonction du poids économique des Régions.

Dassault et ses partenaires pourraient ainsi soutenir "plus de 5.000 emplois par an à haute valeur technologique en Belgique".

M. Trappier a d'autre part confirmé, à la veille de la date fixée pour la remise des "meilleures offres finales" - en jargon les "Best and Final Offers" (BaFO) - par les agences représentant le F-35 américain et l'Eurofighter européen, que la France ne répondrait pas à l'appel d'offres, alias "Request for Government Proposal" (RfGP), lancé en mars dernier par le ministère belge de la Défense pour 34 nouveaux avions de combat.

La France "a fait ce choix en connaissance de cause et nous soutenons parfaitement de choix", a-t-il dit.

"Très certainement, la France prend un risque", a admis M. Trappier. "La Belgique va-t-elle prendre en compte l'offre française ou non? Le sujet n'est pas encore tranché, si j'ai bien compris", a-t-il dit dans une allusion aux divergences qui règnent au sein du gouvernement fédéral sur la suite à donner à la proposition française.

Mais "la France a estimé qu'elle avait plus à proposer que ce qui était exprimé explicitement dans l'appel d'offre, trop limité", a souligné le PDG de Dassault en évoquant le "partenariat approfondi et structurant" proposé par la ministre française des Armées, Florence Parly, à son homologue belge, Steven Vandeput, en septembre dernier, dans le cadre d'une relance de l'Europe de la défense.

Par: rédaction 13/02/18 - 13h35