Jambon répond aux avocats: "Je peux avoir une opinion, non?"

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Le ministre de l'Intérieur ne semble pas s'émouvoir des nombreuses critiques qui pèsent sur lui après son commentaire sur le procès de Salah Abdeslam.

Pour rappel, Jan Jambon a déclaré sur la VRT la semaine passée qu'il trouvait incompréhensible que Sven Mary ait demandé l'irrecevabilité des poursuites pour Salah Abdeslam lors du procès de la fusillade à Forest à cause d'une erreur de procédure. La réponse du pénaliste ne s'était pas fait attendre, Sven Mary rappelant au ministre de l'Intérieur le principe de la séparation des pouvoirs dans un État de droit. D'autres avocats, mais aussi des personnalités politiques, se sont également offusqués des propos tenus par M. Jambon.

Le monde judiciaire en colère
Lundi, c'est le Conseil supérieur de la justice qui s'est joint au débat. "Et si, au lieu de créer la cacophonie à tous les étages, chaque pouvoir restait dans son rôle et pratiquait le respect mutuel?", suggérait ainsi le Conseil par la voix de sa présidente Magali Clavie.

Dans une carte blanche publiée mardi, une trentaine d'avocats de renommée ont exigé des excuses du ministre de l'Intérieur. De plus, ceux-ci ont également demandé au Premier ministre Charles Michel de recadrer le nationaliste. "L'on ne transige pas avec les fondements de notre État. Le jour où plus aucun avocat ne sera prêt à défendre un prévenu accusé de terrorisme, l'État islamique aura gagné", ont-ils prévenu.

"Une petite erreur, dans un très gros dossier"
Fort discret, le ministre Jan Jambon a réagi à la polémique qu'il a lui-même lancée. "Apparemment, commenter équivaut à une violation de la séparation des pouvoirs", a déclaré le ministre hier lors d'une conférence à la KU Leuven. "Je ne veux certainement pas mettre en danger cette séparation. Mais je peux avoir une opinion, non? C'est mon opinion honnête en tant que citoyen", a soutenu le natif de Genk.

Et Jan Jambon d'expliquer davantage le fond de sa pensée: "Je pense simplement qu'une erreur de procédure ne peut conduire à l'acquittement. Je ne préconise pas que la législation linguistique soit ajustée", a-t-il assuré.

"C'est une petite erreur, dans un très gros dossier. Je soutiens que cette petite erreur devrait être rectifiée ", a conclu Jan Jambon.

Maxime Czupryk 14/02/18 - 09h53