Sur terre, sur mer ou dans les airs: tous les voyageurs sont désormais screenés

À partir d'aujourd'hui, tous les voyageurs circulant dans notre pays sont contrôlés et leurs données collectées. Pour ce faire, les quatre services de sécurité belges unissent leurs forces pour former la "Passenger Information Unit" (PIU). Un service prévu à la base pour lutter contre le crime organisé mais dont la mise en place s'est accélérée après les attentats du 22 mars 2016.

Au lendemain des attentats de Paris en 2015, le gouvernement fédéral avait fait de l'aboutissement d'un système PNR (Passenger Name Record) une de ses priorités, malgré les discussions qui s'enlisaient au niveau européen sur ce système. La Belgique entendait en outre aller plus loin et veiller également à la transmission des données des voyageurs par route, mer ou chemin de fer.

Une cellule "Passenger Information Unit" (IPU) a vu le jour au sein du centre de crise du SPF Intérieur. Elle regroupe une trentaine de collaborateurs détachés par les quatre services concernés, à savoir la police fédérale, la Sûreté de l'Etat, le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) et les services douaniers

Via les airs, les terres et les mers: rien n'échappera à l'Etat belge
A ce jour, la transmission de données a commencé pour 28% des passagers aériens en Belgique. En 2019, l'ensemble des compagnies aériennes devraient être connectées à la banque de données.

Des concertations sont en cours pour les autres secteurs. Un projet pilote est annoncé pour l'Eurostar, qui relie la Belgique à la Grande-Bretagne. Un autre devrait être lancé avec la société d'autocar Flixbus.

"La PIU recevra les listes des passagers aériens internationaux, mais aussi celles de ceux voyageant en train, en bus et en bateau, et les analysera en utilisant les bases de données des quatre organismes de sécurité impliqués", explique à Het Laatste Nieuws Olivier Van Raemdonck, porte-parole du ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA).

Analyser et prévoir les déplacements des criminels et terroristes
Les données des passagers arrivent dans la banque de donnée de BelIPU 48 heures avant le départ ainsi qu'au moment du départ et sont analysées soit sur base d'une liste de personnes déjà connues, soit en fonction d'un profilage. En trois mois, 414 "matches" ont pu être réalisés, dans diverses formes de criminalité.

Cette nouvelle unité doit devenir un atout dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme. Grâce aux données ainsi collectées, les services de sécurité pourront plus facilement analyser les déplacements des groupes terroristes et des bandes criminelles et ainsi réaliser une cartographie.

Pas plus tard que la semaine passée, la PIU a permis d'intercepter à Zaventem deux passeurs qui transportaient de l'héroïne pour une valeur de 210.000 euros.

Par: rédaction 16/04/18 - 09h07