Pamela Anderson, Novak Djokovic, ce faux prince a trompé la haute société

© dr.

Comment faire pour côtoyer des stars et des grands de ce monde quand on ne partage ni leurs richesses ni leurs compétences? Un quinquagénaire qui voulait mener la vie de château y est arrivé, s'attirant au passage l'amitié de Pamela Anderson sans s'intéresser un instant à la cause animale, son cheval de bataille. Son truc? S'octroyer de son propre chef le titre de "Prince du Monténégro", et ce alors que l'Etat n'a plus de monarchie depuis la Première Guerre Mondiale. Un détail qui a semble-t-il échappé à toutes les personnalités qu'il a fréquentées et dont il a profité des années durant.

Le "prince Stefan Crnojevic" est parvenu à mener la grande vie des années en feignant une appartenance à la noblesse. Somptueux repas gratuits, invitations à participer à des voyages de luxe, mondanités, rencontres hors du commun: à la manière d'un Christophe Rocancourt, l'homme de 57 ans originaire de Trieste (nord-est de l'Italie) a fait croire à son titre et sa fortune pour s'enrichir et vivre sur le compte d'autrui.

L'homme est allé plus loin que se servir de son bagoût pour convaincre son entourage. Il s'est trouvé un complice qu'il appelait son "ambassadeur" et qui le véhiculait partout à bord d'une Mercedes flanquée de plaques diplomatiques, évidemment aussi fausses que ses papiers d'identité ou armoiries, chevalières et papier à en-tête qu'il montrait à l'envi, notamment sur les réseaux sociaux. Grâce à ces subterfuges, la supercherie a fonctionné à merveille durant longtemps.

Un profil Facebook un peu trop bling-bling
Toujours accompagné de femmes, le faux prince a rencontré des cardinaux, des hommes d'affaires aussi riches qu'influents, les maires de nombreuses villes européennes, d'autres "nobles" et des membres de gouvernements étrangers mais aussi des célébrités des milieux du divertissement et du sport. Toujours en arborant d'inombrables titres cousus de fil blanc et en arguant qu'il avait pour mission royale de favoriser les liens économiques et culturels avec le Monténégro. Lors d'une tentative culottée d'asseoir sa notoriété, il a notamment décoré l'actrice Pamela Anderson en la faisant "comtesse". L'ex-star d'Alerte à Malibu a accepté cet honneur et participé à la cérémonie en 2015, n'y voyant que du feu tout comme ses assistants et managers. Pas plus que le Serbe Novak Djokovic ne s'est interrogé en posant à plusieurs reprises avec le "représentant de la couronne monténégrine" à la sortie des courts. Pas plus que des journalistes français de Var Matin qui ont rédigé un article sur la "mission de consul" confiée par le "prince slave" à un fonctionnaire de Toulon et au passage relayé son "curriculum vitae" n'ont relevé la moindre contradiction.

Cannes, Monaco, rallyes et bonnes bouteilles
Cherchant la reconnaissance et à entériner son statut, le prince Stefan a également multiplié les publications Facebook, dans un faux profil où il faisait état de son "travail" ou plutôt de sa vie mondaine. On l'y voit notamment poser à côté du prince Albert de Monaco, de son épouse Charlène, de sommités religieuses ou du milieu des affaires entre deux voyages sur des yachts de milliardaires et autres réceptions en costumes d'époque tandis qu'il étale en parallèle les clichés de bouteilles de grand vin et autres mets exclusifs. Prétendant également détenir des bureaux attachés à la cour monténégrine à Genève, il a balayé toutes les inquiétudes du milieu méfiant qu'il fréquentait, s'attirant sympathie et invitations dans des suites d'hôtels luxueux, dans des rallyes, à l'opéra, au festival de Cannes. Jusqu'à la rencontre de trop. Car si le dernier post Facebook du quinquagénaire très prolixe remonte à il y a cinq jours, c'est parce que la police a effectué lundi une descente et une perquisition dans une habitation de Turin où résidait le prétendu prince, dont l'identité serait en réalité "C.S.", a déclaré la police. Des initiales qui rappellent son pseudo Stefan Crnojevic.

Faux passeports
La police avait commencé à enquêter sur l'homme en 2016, lorsqu'au mois d'août, l'ambassadeur de Macédonie en Italie a remarqué des incohérences dans les propos du "Prince", notamment après un impair de ce dernier qui utilisait aussi à l'occasion le titre de "Prince Stefan de Macédonie". Un manque de prudence qui aura probablement précipité sa perte, l'ambassadeur macédonien ne le connaissant pas et sachant également que le Monténégro n'avait plus de famille royale. Prévenue, la police a mené l'enquête dans l'ombre pour agir enfin près de dix mois après les premiers indices. Lors des perquisitions à son domicile de Turin voilà quelques jours, la police a mis la main sur divers faux passeports diplomatiques. "Prince Stefan" et son "ambassadeur" ont été inculpés hier d'escroquerie et fraude au passeport. Mais ce ne sont sans doute que le débuts de la mise au jour d'une arnaque à plus grande échelle et dont de nombreuses personnalités ont sans doute fait les frais. Personne n'a cependant pour l'heure admis publiquement avoir été pris au piège par le flamboyant arnaqueur.

© Facebook/Prince Stefan Crnojevic of Montenegro.
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Article de Var matin © Facebook/Prince Stefan Crnojevic of Montenegro.
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© Facebook/Prince Stefan Crnojevic of Montenegro.
© Facebook/Prince Stefan Crnojevic of Montenegro.
© Facebook/Prince Stefan Crnojevic of Montenegro.
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Par: rédaction 15/06/17 - 14h24