Fuman, l'écolier givré après 4,5 km à pied pour passer un examen

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La photo d'un garçonnet prise par un instituteur fait le tour du monde. Et pour cause: l'enfant est arrivé en classe littéralement gelé après son trajet vers l'école.

La détermination d'un écolier chinois de troisième primaire pour rejoindre son établissement émeut le pays après que l'instituteur de l'enfant eut publié sur WeChat une photo de lui totalement transi de froid, cheveux gelés et souffrant de gerçures.

Au moment où le cliché a été pris, le jeune Wang Fuman venait de parcourir 4,5 kilomètres à pied dans la province montagneuse, rurale et boisée du Yunnan où l'hiver se fait particulièrement rigoureux.

Exemple
N'écoutant que son courage, l'enfant qui était sorti par -9 degrés a continué à braver le froid pour se rendre seul à l'école, comme à son habitude, alors qu'en chemin le thermomètre venait de chuter abruptement. Malgré ses deux heures de retard, Wang Fuman ne voulait absolument pas manquer l'examen qu'il devait présenter ce matin-là. Examen qu'il a, pour l'anecdote, réussi avec 99%, s'attirant au passage le titre de "héros" ou "d'exemple national" sur les médias sociaux.

Son directeur, touché, confie au quotidien populaire local: "Cet enfant est adorable. A son arrivée en classe, il a fait des grimaces à ses camarades pour les faire rire", et ce malgré son état. L'objectif du chef d'établissement était évidemment de sensibiliser le pays au sort des enfants de sa région.

Car si l'histoire prête à sourire et force le respect, elle révèle avant tout une réalité brutale: les joues rouges car brûlées par le froid, les cheveux, cils et sourcils gelés, les mains couvertes de gerçures et engelures, Wang Fuman a mis sa vie en danger ce jour-là. Et il n'est pas le seul dans le cas, dans un pays où l'enseignement relève du parcours du combattant pour qui ne vit pas à la ville.

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Les champs après l'école

Le garçonnet de huit ans vit avec sa grand-mère et sa soeur aînée dans une maison en briques de terre et aide aux travaux de la ferme après l'école, selon une interview qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux chinois. Dans cette dernière, on comprend comment l'enfant a la peau des mains et du visage burinée comme celle d'un vieil agriculteur. Le père de famille est quant à lui un ouvrier immigré qui travaille loin de ses enfants depuis plusieurs mois pour subvenir aux besoins de sa famille, tandis que la mère a quitté les siens.

Remués par la rudesse du quotidien de Wang Fuman, de nombreux internautes du réseau Weibo (l'équivalent chinois de Facebook) ont lancé une récolte de fonds pour aider l'enfant et sa famille et lui assurer un avenir meilleur, notamment par le biais des études.

Eradiquer la pauvreté?
Le cas de Wang Fuman n'est évidemment pas isolé. Ses camarades emmitouflés en pleine salle de classe témoignent des conditions de vie difficiles dans le Yunnan, province du sud-ouest de la Chine frontalière avec le Vietnam, le Laos et la Birmanie. Productrice de riz, cacao, café et thé, la province n'en reste pas moins l'une des plus pauvres du pays et le gouvernement semble ne pas faire grand cas de l'existence pénible de ses citoyens ruraux, qui représentent 43% de la population nationale. Le président Xi Jinping a déjà promis d'éradiquer la pauvreté extrême sur son sol d'ici 2020 mais sa tâche ne sera pas aisée, souligne le New York Times, qui rappelle sur base de chiffres de la Banque mondiale que 500 millions de Chinois vivent avec moins de cinq euros par jour.

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Par: rédaction 13/01/18 - 18h19