Dans les coulisses de la première maison close de poupées de Belgique

© Jan Aelberts.

Dolls, la première maison close de poupées sexuelles a ouvert mercredi dernier à Meise, dans le Brabant flamand. Un journaliste de Het Laatste Nieuws s'est glissé dans les coulisses de ce nouveau business très spécial.

Lolita est assise sur son lit. Elle trône au milieu d'une pièce sombre avec des roses sur les murs et des voiles rouges suspendus au plafond. Elle vient tout juste de dire au revoir à un client. Lolita, c'est l'une des poupées disponibles chez Dolls, la nouvelle maison close qui a ouvert la semaine dernière à Meise, pas très loin de Bruxelles. Constituée d'un squelette en métal et d'une peau en plastique, Lolita est censée être réaliste, mais sa tête trop large et ses doigts tordus lui donnent surtout un air de pantin désarticulé.

"Elle était plus belle avant", explique Fabrice Jacobs, le propriétaire de l'établissement, à Het Laatste Nieuws, qui a visité les lieux. "Elle avait des tresses dans ses cheveux, mais un client a complètement ruiné sa coiffure, et j'ai donc dû tout enlever, parce que je ne sais pas faire de tresses. C'est pour cela que sa tête a l'air un peu grande maintenant". 

Ouvert depuis mercredi dernier, Dolls a déjà accueilli onze clients - tous des hommes - et les réservations ne cessent de se multiplier. Les clients ont la possibilité de choisir entre huit "filles" différentes avec lesquelles ils peuvent passer une demi-heure à 50€ ou une heure à 80€. Les poupées blanches aux cheveux bruns et à la silhouette fine ont le plus de succès, mais Fabrice possède également une poupée plus forte, qui dort actuellement dans son hangar. "Elle va fonctionner, je le sens déjà, les hommes aiment ça, mais elle pèse cinquante kilos et je n'ai aucune envie de la transporter de la chambre à coucher au hangar tous les jours. J'ai déjà assez de problèmes de dos". 

Une baignoire de désinfectant
Lolita, quant à elle, ne pèse que 28 kilos. Après le passage de chaque client, Fabrice l'emballe dans un drap et l'emmène dans le hangar situé derrière sa maison. Là, il plonge la poupée dans une baignoire remplie d'iso-Bétadine avant de la rincer au tuyau d'arrosage. Il veille également à nettoyer correctement le vagin amovible de la poupée, ainsi que sa bouche et son anus, fixés dans son corps en plastique. "La première fois, j'étais dégouté, je dois l'admettre. J'ai laissé la poupée sur le lit pendant une demi-heure, je ne voulais pas la toucher. Mais je pense que l'hygiène est extrêmement importante, donc je me devais de le faire. Finalement tout va bien, je m'y suis déjà habitué". 

Clientèle variée
À 51 ans, Fabrice fait ses premiers pas dans l'industrie du sexe. Il avait d'abord pour projet de vendre sa maison et de partir vivre en Espagne, jusqu'à ce que son fils lui parle d'une maison close de poupées très populaire à Barcelone. C'est ainsi qu'il a eu l'idée de commander cinq poupées d'une valeur de 2.000 euros chacune et lancer son propre bordel chez lui. 

S'il ne comprend pas lui-même l'attrait des hommes pour ces corps en plastique, Fabrice voit de nombreux clients entre 30 et 50 ans passer chez lui. 

À l'avenir, il compte investir dans des poupées plus chères et moins fragiles. Lolita et ses collègues ont en effet la peau froide et perdent parfois leurs faux ongles. Quant à leur doigts, ils tiennent grâce à un fil de fer, ce qui permet aux clients de les plier dans tous les sens. "Après chaque passage, je dois les remettre d'aplomb".

Fabrice possède différentes têtes qu'il peut fixer sur huit corps au total. © Jan Aelberts.

Par: rédaction 17/04/18 - 09h17