Une enveloppe piégée au siège du FMI à Paris, "un attentat" selon Hollande

Une assistante de direction a été blessée légèrement jeudi aux mains et au visage, lors de l'ouverture d'un courrier qui a explosé au siège parisien du Fonds monétaire international (FMI), a-t-on appris de sources policières.

Selon les premiers éléments de l'enquête, un pétard pourrait être à l'origine de l'explosion dans le bâtiment situé avenue de Iéna, non loin de l'Arc de Triomphe, en fin de matinée, ont précisé ces sources.

Une assistante blessée
La préfecture de police a fait état d'une intervention après la découverte "d'un colis suspect, avec a priori un artifice à l'intérieur". L'assistante de direction qui a ouvert le courrier aux alentours de 11H30, souffre de "quelques brûlures", selon une source policière.

Évacuation
Plusieurs personnes ont été évacuées "par mesure de précaution", selon une des sources. L'enquête a été confiée au premier district de la police judiciaire (1er DPJ) parisienne. La police scientifique parisienne a été envoyée sur place. 

Berlin
Mercredi à Berlin, un "mélange explosif" a été découvert au ministère allemand des Finances, expédié depuis la Grèce, avec comme fausse adresse d'expéditeur celle d'un député de droite.

"Un attentat", selon Hollande
L'explosion d'un "colis piégé" jeudi matin au FMI à Paris est "un attentat", qui montre que "nous sommes toujours visés", a déclaré le président François Hollande en marge d'une visite à Toulon. L'explosion a fait un blessé qui se trouve "entre la vie et la mort" a ajouté M. Hollande. La préfecture de police avait dans un premier temps fait état d'une personne légèrement blessée. "Nous devons rechercher toutes les causes et trouver les coupables. Nous le ferons avec obstination, persévérance et jusqu'au bout", a-t-il dit.

"Nous sommes toujours visés"
"Nous sommes toujours visés. Là, en l'occurrence, c'est le Fonds monétaire international, mais c'est en France, c'est la France. (...) Nous sommes directement concernés", a poursuivi le chef de l'Etat. "Il y a l'état d'urgence, j'ai annoncé qu'il devait être prolongé jusqu'au 15 juillet", a-t-il rappelé, en marge de l'inauguration du nouveau mémorial du Mont Faron qui commémore le débarquement et la libération de la Provence en 1944.

"Ce sera au nouveau Président de la République, au gouvernement et aux députés et sénateurs qui seront en situation d'agir à partir du 15 juillet (...) de dire s'il faut (le) maintenir ou non", a-t-il souligné. Mais "de toute manière, il faut maintenir un état élevé de vigilance et de présence".

Mercredi, le garde des Sceaux avait déclaré que le gouvernement avait "créé les conditions qui rendent possible une sortie de l'Etat d'urgence". L'arsenal législatif mis en place, avec le vote par le Parlement de trois lois sur le renseignement et le renforcement de la lutte antiterroriste, rend possible une sortie de l'état d'urgence "sans nous affaiblir ni demeurer impuissants face à la menace du terrorisme", avait ajouté Jean-Jacques Urvoas, selon le texte de son discours.

Le parquet antiterroriste ouvre une enquête
Toute prolongation de l'état d'urgence doit être soumise au Parlement. Juridiquement, le chef de l'Etat peut décider à tout moment de mettre fin à ce régime d'exception par un décret en Conseil des ministres. "Il n'y a pas de raison qui voudrait qu'aujourd'hui on relâche le dispositif qui existe", a encore ajouté le président Hollande jeudi, auprès de l'AFP.

© ap.

Colis piégé au FMI à Paris: le parquet antiterroriste saisi de l'enquête

Par: rédaction 16/03/17 - 13h26