Les résultats français annoncés à l'avance en Belgique? Pas si sûr

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Les résultats du scrutin présidentiel seront-ils annoncés lors de la traditionnelle révélation de 20 heures? Rien n'est moins sûr. En cause, une nouvelle loi couplée à l'indécision historique des électeurs français. Il n'est pas non plus certain que les médias étrangers, en Belgique notamment, aient à nouveau la primeur du résultat.

Ce dimanche 23 avril, les Français se rendront dans les bureaux de vote pour élire leur nouveau président ou plutôt pour espérer qualifier leur champion pour la grande finale du 7 mai. Et ce dimanche comme dans deux semaines, ils attendront avec impatience, ou non, la grand-messe du 20 heures pour connaître les résultats d'une campagne atypique où les écarts se sont considérablement resserrés dans la dernière ligne droite. A trois jours du scrutin, les quatre favoris se tiennent effectivement dans un mouchoir de poche.

Qui sera qualifié pour le second tour? Nous risquons peut-être de ne pas encore le savoir à 20 heures précises, comme le laisse supposer Stéphane Zumsteeg, le directeur du département opinion de l'institut Ipsos à franceinfo.

"Notre objectif reste d'être en mesure de communiquer les deux finalistes. Mais la situation est plus compliquée que par le passé. C'est une situation totalement inédite avec quatre candidats qui sont au coude à coude", constatait-il mardi.

Plus d'un quart des électeurs hésitent toujours
Outre les écarts historiquement faibles entre les quatre premiers candidats, l'indécision tout aussi inhabituelle des Français complique également la tâche des sondeurs chargés de fournir rapidement des estimations fiables aux médias partenaires pour la traditionnelle révélation de 20 heures.

Selon la dernière enquête Ipsos - Sopra Steria réalisée les 16 et 17 avril pour le Cevipof et Le Monde, sur un échantillon de 11 600 personnes inscrites sur les listes électorales, 72% des électeurs se disent aujourd'hui sûrs de leurs choix. Ce qui signifie que plus d'un quart des électeurs (28%) peuvent donc encore changer d'avis.

Un nouvelle loi a changé la donne
Mais ce qui donne surtout des sueurs froides aux instituts de sondages, qui espèrent retrouver une crédibilité mise à mal ces derniers temps, c'est la nouvelle loi votée le 25 avril 2016. Suite à ce texte, les bureaux de vote ouvriront désormais jusqu'à 19 heures, et non plus 18 heures comme auparavant. Ils seront même parfois ouverts jusque 20 heures dans les grandes villes. Cette loi a été adoptée pour empêcher la divulgation des résultats par les médias étrangers, ou sur les réseaux sociaux, avant les médias français qui ne peuvent légalement le faire avant 20 heures.

"Ça nous fait sortir d'un confort pour vérifier nos résultats. Lorsqu'on avait une heure et demie pour travailler, on n'aura que quarante minutes", déplore Frédéric Dabi, directeur du pôle opinion de l'Ifop.

Trois candidats annoncés à 20 heures?
Il existe une vraie possibilité que les deux qualifiés ne soient pas connus à 20 heures si les écarts sont jugés trop faibles. Dès lors, les téléspectateurs pourraient voir apparaître les visages de trois candidats en ouverture de JT, ce qui serait totalement inédit dans une période récente, prévient Stéphane Zumsteeg.

François Krauss, directeur du pôle politique à l'Ifop, estime qu'il faudra peut-être attendre jusqu'à 21h30 pour avoir une estimation fiable en cas de résultats très serrés.

Maxime Czupryk 20/04/17 - 14h41