Controverse sur des incidents autour d'une maternité au Venezuela

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Des représentants du pouvoir et de l'opposition au Venezuela ont échangé des accusations sur l'évacuation jeudi d'une maternité dans un quartier de l'ouest de Caracas où s'affrontaient opposants et forces de sécurité.

La ministre vénézuélienne des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a parlé d'une "attaque" et mis en cause des "bandes armées" liées selon elle à l'opposition au président Nicolas Maduro, qui a de nouveau manifesté jeudi pour qu'il quitte le pouvoir.

"Je dénonce devant la communauté internationale le fait que des bandes armées engagées par l'opposition ont attaqué une maternité avec 54 enfants", a déclaré la ministre sur son compte Twitter.

Selon elle, M. Maduro "a donné instruction d'évacuer l'établissement pour préserver les enfants et les nouveaux-nés". Mme Rodriguez n'a pas précisé à quelle maternité elle se référait. Mais sur les réseaux sociaux il était question de l'Hospital Materno-Infantil Hugo Chavez situé à El Valle, dans l'ouest de Caracas, l'un des quartiers où les troubles ont été particulièrement intenses après les manifestations anti-Maduro de la veille.

Un député de l'opposition, José Manuel Olivares, a donné une version très différente. Selon lui, les enfants de l'établissement d'El Valle ont dû être évacués parce qu'ils étaient "très affectés par les grenades lacrymogènes que lançait la Garde nationale bolivarienne" pour disperser les opposants.

Les vastes manifestations qui ont eu lieu jeudi dans la capitale ont été suivies par des tentatives de pillage.

Un député de l'opposition pour le district d'El Valle, José Guerra, a dénoncé ces faits. "Je vous alerte sur des tentatives de pillage à El Valle et dans d'autres zones de Caracas. Je n'approuve pas cette forme de lutte", a-t-il écrit sur Twitter.

Des résidents d'El Valle ont déclaré dans la nuit sur les réseaux sociaux qu'on entendait des tirs et que des véhicules anti-émeutes avaient dispersé de petites manifestations anti-Maduro.

Henrique Capriles, dirigeant de l'opposition, a condamné l'action des forces de sécurité. "Le dictateur a ordonné à ses sbires de réprimer notre peuple à El Valle à Caracas", a-t-il dit sur Twitter.

Les désordres et les tentatives de pillage ont été enregistrés dans plusieurs zones dans l'ouest de Caracas, comme El Valle, Coche et El Paraiso, dans l'est, comme La Urbina, et dans le sud-est, comme Santa Fe, La Trinidad et Baruta.

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Par: rédaction 21/04/17 - 08h16