Selon Marine Le Pen, "il faut expulser les fichés S étrangers"

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La présidente du Front national (FN) Marine Le Pen a dit vendredi redouter de nouveaux attentats avant le premier tour de l'élection présidentielle, après l'attaque qui a tué un policier jeudi soir sur les Champs-Elysées à Paris.

Redoutez-vous de nouveaux attentats? "Oui", a répondu Mme Le Pen sur RFI. "Je ne vais pas en dire plus, mais en l'occurrence nous savons que l'Etat islamique a envoyé au moins un terroriste pour commettre des attentats, que celui-ci est toujours dans la nature, donc le danger est maximum", a-t-elle ajouté.

"Chacun doit le savoir, c'est un droit pour les Français de le savoir, pour adapter, dans un temps de très grave menace, leur comportement au risque terroriste", a ajouté la candidate du FN, qui "ne croi[t] pas du tout" cependant que cet attentat ait eu pour but d'influencer le résultat de l'élection.

"Je ne pense pas que ce soit pour peser sur l'élection présidentielle française qu'il y ait eu l'attentat de Saint-Petersbourg, de Stockholm, de Londres", a-t-elle insisté. "Il faut maintenant arrêter la naïveté, regarder tout cela avec lucidité et fermeté, expulser les fichés S étrangers, poursuivre et déchoir de leur nationalité les fichés S qui sont binationaux, et les fichés S français il faut les poursuivre sur la base de l'article 411-4, c'est-à-dire de l'intelligence avec l'ennemi. Il faut renforcer les moyens policiers, moyens moraux et matériels", a prôné Mme Le Pen.

"Et puis il faut s'attaquer à la racine du mal. C'est le fondamentalisme islamiste qui est l'idéologie qui arme ces terroristes", a réaffirmé la candidate du FN. Mais sur "l'UOIF, les mosquées radicales, les associations qui servent de vecteurs à cette idéologie", "rien n'a été fait depuis dix ans, pas depuis cinq ans", a-t-elle estimé.

"Tout a été fait pour que nous perdions cette guerre"
"La guerre qui nous est menée est asymétrique, révolutionnaire, elle a pour objectif notre soumission à une idéologie meurtrière [...]. Cette guerre nous est menée sans pitié et sans répit. Chacun comprendra que nous ne pouvons pas la perdre. Or depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous la perdions", a dénoncé Mme Le Pen depuis son QG de campagne parisien.

"Nous ne pourrons gagner cette guerre, si nous ne mettons pas fin immédiatement au laxisme pénal inouï qui a permis" selon elle à l'assaillant, visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers, "de réussir sa quatrième tentative d'assassinat contre les policiers", a dit Mme Le Pen.

Le suspect de l'attaque avait été condamné en février 2005 à quinze ans de réclusion pour trois tentatives d'homicide volontaire, dont deux visant des policiers. Il avait reconnu les faits lors de son procès en appel. En première instance en 2003 devant une cour d'assises, il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

"Élue présidente de la République, je mettrai en oeuvre immédiatement et sans faiblesse ce plan de bataille contre le terrorisme islamiste et le laxisme pénal pour mettre en protection les Français", a-t-elle promis.

"Marine Le Pen est prête à tout et à utiliser tous les événements pour pouvoir grappiller quelques pourcentages", a critiqué le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, sur LCI.

Par: rédaction 21/04/17 - 10h47