Didier Reynders dénonce les violences à l'égard des homosexuels en Tchétchénie

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Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a dénoncé vendredi lors de la réunion ministérielle du Conseil de l'Europe à Chypre la violence dont sont victimes les homosexuels en Tchétchénie.

"La discrimination sur base de l'orientation sexuelle survient encore trop souvent dans nos pays, parfois même sous des formes extrêmes, et les signes inquiétants de violence et de discrimination à l'égard des homosexuels en Tchétchénie nous le rappellent", a déclaré Didier Reynders, qui était le premier à s'exprimer.

Le chef de la diplomatie belge appelle le Conseil de l'Europe "à s'assurer, par tous les moyens possibles, qu'une enquête sera réalisée sur ces allégations". Le Commissaire aux droits de l'homme local devrait ainsi pouvoir réaliser un rapport indépendant sur le sujet. Didier Reynders a encore demandé à la Russie "de respecter ses engagements en matière de lutte contre la discrimination" et "que justice soit faite pour les victimes".

Une enquête publiée fin mars par le journal indépendant Novaïa Gazeta dévoilait comment les hommes homosexuels en Tchétchénie sont devenus la cible des services de sécurité locaux. Depuis, d'autres rapports d'organisations de défense des droits de l'homme et des témoignages ont suivi, faisant état d'assassinats, tortures, enlèvements et détention dans des camps. La Russie a annoncé la tenue d'une enquête.

La Belgique avait déjà soulevé le dossier au niveau bilatéral. M. Reynders tire à présent la sonnette d'alarme de manière plus large. "Le Conseil de l'Europe est l'endroit par excellence où nous pouvons parler directement avec la Russie des valeurs fondamentales que nous portons en tant qu'Etats membres."

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, était présent à Nicosie. Il n'a cependant pas abordé la question de la situation des homosexuels en Tchétchénie, se concentrant principalement sur le conflit en Ukraine.

La Turquie, représentée par son ambassadeur, est aussi dans le viseur du Conseil de l'Europe. Le ministre belge a souligné qu'aucun des 47 pays membres ne pratiquait la peine de mort. Un changement par rapport à cela poserait "un gros problème" qui "ne resterait pas sans réaction", a-t-il commenté. "Il ne suffit pas de devenir membre, ils faut aussi respecter les principes d'une organisation pour le rester", a-t-il rappelé.





Par: rédaction 19/05/17 - 17h22