Le nouveau président sud-coréen veut sortir du nucléaire

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Le nouveau président sud-coréen Moon Jae-In a promis lundi de renoncer aux projets de nouveaux réacteurs nucléaires, dans le cadre d'une politique visant à sortir de l'atome.

Le président issu du centre-gauche avait fait campagne en promettant une sortie graduelle du nucléaire, et le développement du solaire et de l'éolien.

La catastrophe de Fukushima au Japon, provoquée en mars 2011 par un séisme et un tsunami, avait profondément marqué l'opinion sud-coréenne quant aux risques associés au nucléaire. "Nous allons entrer dans l'ère post-nucléaire", a déclaré M. Moon dans un discours lors d'une cérémonie marquant le premier démantèlement d'un réacteur nucléaire. "Je vais abandonner tous les projets de nouveaux réacteurs actuellement en cours et je ne prolongerai pas la vie des réacteurs actuels", a-t-il ajouté.

De nombreux réacteurs sont situés près de zones résidentielles densément peuplées, a relevé le président, mettant en garde contre les "conséquences inimaginables" de l'éventuelle fusion du coeur d'un réacteur sud-coréen. "La Corée du Sud n'est pas exempte du risque de tremblement de terre, et un accident nucléaire provoqué par un séisme peut avoir un impact dévastateur", a-t-il dit.

Une hausse monumentale des tarifs de l'énergie
La Corée du Sud compte 25 réacteurs nucléaires qui produisent 30% de l'offre énergétique du pays. Beaucoup d'entre eux devraient s'arrêter entre 2020 et 2030 et la décision de prolonger leur existence est censée être prise sous le mandat de M. Moon. Il s'était engagé pendant sa campagne à tenter de fermer toutes les centrales nucléaires, mais cela prendrait des décennies.

La méfiance de l'opinion envers le nucléaire a été renforcée ces dernières années par une série de scandales de corruption impliquant les agences publiques du nucléaire. Des séismes ont également alimenté les inquiétudes sur la fiabilité des centrales existantes.

M. Moon a également promis de faire entrer son pays dans l'ère "post-charbon" afin, notamment, d'améliorer la qualité de l'air. Mais, dans un pays dont 40% de l'énergie est produite par le charbon, supprimer les centrales thermiques risquerait de provoquer une hausse monumentale des tarifs de l'énergie, avertissent les experts.

Par: rédaction 19/06/17 - 07h51