À vendre: des appartements de luxe dans l'ancien complexe nazi d'Adolf Hitler

Prora, un des plus imposants vestiges architecturaux des Nazis, s'est mué en complexe touristique et des citadins aisés viennent maintenant passer leurs vacances là où Adolf Hitler voulait faire endoctriner les masses populaires. Sur cette île allemande de la Baltique, les prix des logements s'échelonnent de 350.000 euros pour 100 mètres carrés à 650.000 euros pour un loft avec vue sur la mer. La fin des travaux est prévue pour 2022, souligne le Business Insider.

Prora, dont la construction a commencé en 1936, était conçu pour abriter jusqu'à 20.000 vacanciers dans le cadre du programme "La Force par la joie" du parti nazi, également à l'origine de la Coccinelle de Volkswagen - la "voiture du peuple".

4,5 kilomètres de long
Au menu à Prora: bains de mer, gymnastique et endoctrinement pour la classe ouvrière aryenne méritante. Le tout dans un bâtiment de 4,5 kilomètres de long, huit blocs strictement identiques de six étages face à la mer. Mais le projet a calé au début de la guerre en 1939.

Après la chute du Mur en 1989, la ruine a été laissée à l'abandon, seules quelques portions étant utilisées, par deux musées et, depuis 2011, par une auberge de jeunesse. Le site "symbolise à la fois l'époque nazie et l'ère communiste, on peut y voir comment fonctionnaient les deux systèmes", explique Susanna Misgajski, directrice de l'un des musées. "Jeunes appelés, prisonniers de guerre, travailleurs forcés, réfugiés... tous sont passés par ici à un moment ou un autre".

De 350.000 à 650.000 euros
Depuis 2013, des promoteurs immobiliers ("Metropole Marketing") ont investi à Prora. L'ancien complexe nazi s'est mué en complexe balnéaire de luxe. Si tous les travaux devraient être terminés d'ici 2022, il est d'ores et déjà possible d'acquérir un appartement. Les prix des logements s'échelonnent de 350.000 euros pour 100 mètres carrés à 650.000 euros pour un loft avec vue sur la mer.

"L'histoire est omniprésente ici et cela intéresse les clients", estime Werner Jung, agent commercial d'Irisgerd Real Estate, qui transforme l'un des blocs en ensemble de 270 appartements. "D'un côté il faut conserver le caractère de mémorial, de l'autre il y a les investisseurs qui ont injecté des millions et veulent que cela rapporte. Nous avons trouvé un bon compromis".

Christophe Da Silva 11/07/17 - 13h18