Comment Moscou a utilisé Pokémon Go pour interférer dans la présidentielle américaine

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La Russie n'a pas ménagé ses efforts pour tenter de manipuler les résultats du scrutin présidentiel américain l'année dernière. Google, Facebook, Twitter et même... Pokémon Go: tous les moyens étaient visiblement bons.

Près d'un an après l'élection surprise de Donald Trump, l'enquête sur le rôle qu'a joué la Russie sur l'influence des résultats se poursuit. Au cours des dernières semaines, on a appris que la campagne de désinformation venue de Russie, destinée à défavoriser Hillary Clinton, s'est retrouvée sur la plupart des réseaux sociaux. Facebook, Twitter, YouTube, Instagram mais aussi le très girly Pinterest, rapportait cette semaine le Washington Post.

Mais ce n'est pas tout. Selon une enquête publiée ce jeudi 12 octobre par CNN, la propagande russe s'est même retrouvée sur le jeu Pokémon Go, le jeu mobile qui avait fait sensation durant l'été 2016. Ainsi, la chaîne américaine affirme qu'un compte lié à la Russie, intitulé "Do not Shoot Us" ("Ne nous tirez pas dessus") avait mis en place tout un écosystème digital. Le compte, soit-disant lié au mouvement antiraciste "Black Lives Matter" avait développé une stratégie sur l'ensemble des réseaux, mais aussi sur le célèbre jeu mobile de Niantic.

Utiliser les Pokémon pour exacerber les tensions raciales
En juillet 2016, une page Tumblr associée à ce compte a partagé un concours incitant les sympathisants de "Black Lives Matter" à jouer près des sites où des violences policières ont eu lieu. Les joueurs, à qui l'on promettait des cartes-cadeaux Amazon, étaient aussi appelés à remplacer le nom de leur pokémon par celui de jeunes victimes afro-américaines. Dans quel but? Accroître les tensions raciales dans le pays.

Une information confirmée par Niantic, l'éditeur de Pokémon Go: "Il ressort des images que CNN a partagées avec nous que notre jeu s'est fait approprier et utiliser à mauvais escient pour des promotions par des tiers sans notre permission", a déploré un responsable de l'entreprise.

Maxime Czupryk 13/10/17 - 10h43