Relation sexuelle avec une fille de 11 ans: le procès se tiendra à huis clos

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Le procès d'un homme jugé pour avoir eu une relation sexuelle avec une fille de 11 ans, consentie pour le parquet, imposée pour la famille de la mineure, s'est ouvert mardi en France mais se déroule à huis clos à la demande de la partie civile.

Ce procès a lieu en plein débat sur l'opportunité d'instaurer un âge minimal du consentement à un acte sexuel en France. Un projet de loi qui doit fixer ce seuil est attendu en conseil des ministres pour le 7 mars.

"Dignité"
A l'appui de sa demande de huis clos, Me Carine Diebolt, l'avocate de la collégienne et de ses parents, qui étaient absents à l'audience, a plaidé que la "dignité" de sa cliente serait atteinte si le procès était public. "Notamment quand on entend les expressions de la partie adverse dans les médias", a-t-elle ajouté, à l'attention de son confrère de la défense, Me Marc Goudarzian.

"Notre client est innocent"
"On va plaider la relaxe, notre client est innocent", a déclaré ce dernier à la presse avant l'audience. "On sait très bien que ce n'est pas un viol, elle était consentante", a-t-il ajouté. 

Rappel des faits
Le prévenu, âgé de 29 ans, est poursuivi pour "atteinte sexuelle sur une mineure de 15 ans" pour avoir, le 24 avril dernier à Montmagny, en région parisienne, eu une relation sexuelle avec la collégienne qu'il avait déjà abordée à deux reprises les jours précédents. Il risque cinq ans de prison.

Deux thèses
La partie civile, qui conteste la qualification retenue par le parquet, compte demander le renvoi du dossier à l'instruction, en vue d'obtenir que le viol soit retenu. Mais pour Me Goudarzian, l'infraction d'atteinte sexuelle n'est "même pas caractérisée" puisque la plaignante, née le 11 juin 2005, "a l'apparence physique d'une fille qui a plus de 15 ans" tandis que son client "en paraît 17".

"C'est une adolescente"
"Vous n'avez pas affaire à un prédateur sexuel sur une pauvre oie blanche. C'est une adolescente, et à partir du moment où on a une pratique de jeux sexuels et une attitude de mise en danger, c'est grave, certes, mais ça ne fait pas de l'autre qui est en face un prédateur sexuel, un violeur", a plaidé pour sa part sa consoeur de la défense, Me Sandrine Parise-Heideger.

Par: rédaction 13/02/18 - 18h06