Télédon, une campagne pour sensibiliser au don d'organes et de sang

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L'opération de sensibilisation, d'information et d'incitation au don d'organes et de sang "Télédon" se tiendra du 3 au 20 mai 2017 à Bruxelles et dans toute la Wallonie, y compris dans la communauté germanophone. Son objectif: rallonger la liste des donneurs d'organes et de sang alors que, chaque année, 400 Belges décèdent faute d'un organe disponible et que 250.000 patients nécessitent une transfusion sanguine. Il s'agit du "premier et seul événement caritatif durant lequel on ne récolte pas d'argent mais bien des dons de vie", indiquent les organisateurs.

Le "Télédon" est en fait né d'un projet pilote mené en novembre 2015 en Wallonie picarde (Hainaut). Pendant deux semaines, l'opération locale avait réussi à générer quelque 1.700 déclarations de dons d'organes auprès des 330.000 habitants de la région, soit 3,5 fois plus de déclarations que durant une année entière. Deux cent vingt-cinq personnes s'étaient par ailleurs déclarées nouveaux donneurs de sang.

Fort de ce succès, la campagne a cette année été étendue à toute la Wallonie et à Bruxelles et devrait toucher pas moins de 4.650.000 personnes. A cette fin, un partenariat structurel a été créé avec les 13 télévisions locales de Wallonie, de Bruxelles, ainsi qu'avec les 281 communes réparties sur le territoire où est menée l'opération. La Croix-Rouge y participe également. La campagne se déclinera par ailleurs sur plusieurs supports: affichage, spots radios et TV, distribution de flyers, réseaux sociaux, promotion via diverses associations. Et, pendant plus de trois semaines, le compteur du Télédon tournera en permanence par l'enregistrement en ligne des nouveaux donneurs. La campagne se terminera, le 20 mai, par une soirée de clôture mêlant reportages, témoignages et musiques, diffusée sur les antennes des 13 télévisions locales.

Concrètement, tout un chacun peut émettre sa volonté d'être donneur de ses organes à son décès ainsi que celle de devenir donneur de sang, soit via le site internet de la campagne, soit par téléphone au call center Télédon (0800/355.44), soit en se rendant dans les communes au service état civil/population, soit dans les collectes de sang de la Croix-Rouge.

"Nous sommes tous concernés par cette problématique. Ca peut arriver à chacun d'entre nous d'avoir besoin d'un organe ou d'une transfusion", souligne Pascal Deleersnyder, directeur du Télédon et papa d'un enfant greffé. "Une personne sur dix seulement donne son sang, alors qu'une personne sur sept en aura besoin au cours de sa vie", relève pour sa part Thomas Paulus, coordinateur à la Croix-Rouge, invitant par là-même les personnes à devenir donneur volontaire de sang et à s'enregistrer comme donneur d'organes.

Chaque jour, en Belgique, une personne décède faute d'un organe disponible et chaque année, 250.000 personnes doivent recevoir du sang pour guérir ou ne pas mourir. Par ailleurs, chaque année, quelque 1.300 patients sont candidats à la greffe et de ce fait, en attente de la disponibilité d'un organe. A peu près un tiers de ces patients ne trouvera pas d'organe disponible et compatible à temps et décédera, ce qui représente un décès par jour. Or, les organes prélevés sur un être humain peuvent sauver jusqu'à 23 vies.

Récemment greffé du rein, Patrick Holvoet salue l'initiative du "Télédon". "Se déclarer donneur d'organe est extrêmement important car ça permet au bénéficiaire de continuer à vivre. Et le don d'organe est un don d'amour extraordinaire aussi bien pour le donneur que pour le receveur."

Dernièrement, des députés N-VA et CD&V ont déposé une proposition de loi afin de rendre l'enregistrement des donneurs d'organes également possible auprès du médecin généraliste. Jusqu'à ce jour, il n'est possible de s'enregistrer comme tel qu'en se rendant à la maison communale. Selon les parlementaires, l'enregistrement pourrait facilement se faire via la plateforme eHealth, qui met les données médicales à disposition du personnel de santé.

En Belgique, chacun est considéré comme donneur d'organes dès la naissance, et peut signifier à la commune ne pas souhaiter faire un don d'organe ou explicitement s'enregistrer en tant que tel. Sans démarche auprès de la commune, un membre de la famille peut toujours refuser que les organes d'un défunt soient utilisés.

Par: rédaction 21/04/17 - 13h26