Levothyrox: le laboratoire Merck condamné en France

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La justice française a condamné mardi le laboratoire pharmaceutique allemand Merck à fournir "sans délai" son ancienne formule du Levothyrox, médicament contre l'hypothyroïdie, à des patients du sud-ouest de la France qui l'ont réclamé, lors du premier jugement dans cette affaire.

Le fabricant pharmaceutique a aussitôt décidé de faire appel et annoncé une "deuxième importation" de l'ancienne formule, soit 200.000 boîtes supplémentaires qui seront "disponibles à la fin de l'année".

Le Tribunal de grande instance de Toulouse a donné satisfaction à 25 des 90 plaignants, qui souffraient "de graves troubles" après avoir pris une nouvelle formulation du Levothyrox, et infligé à Merck une astreinte de 10.000 euros par jour par infraction constatée.

Mise sur le marché en mars, la nouvelle formule de ce médicament prescrit à trois millions de personnes en France pour traiter des pathologies thyroïdiennes est accusée de graves effets secondaires comme des crampes, maux de tête, vertiges et pertes de cheveux.

Face à la colère des patients, l'ancienne formule du médicament a fait son retour dans les pharmacies françaises le 2 octobre mais au compte-gouttes. Disponible sous le nom d'Euthyrox, l'ancienne formule est prescrite uniquement aux patients "qui n'ont pas d'alternative".

La nouvelle formule du Levothyrox a suscité plus de 300 plaintes, ce qui a conduit la justice à ouvrir une enquête. Des perquisitions ont eu lieu au siège de Merck à Lyon (est). A Lyon, une autre audience civile est prévue le mois prochain dans le cadre d'une action collective d'une centaine de malades.

La décision du Tribunal de grande instance de Toulouse, qui enjoint à Merck de fournir "sans délai le produit ancienne formule par le biais des circuits de distribution et de commercialisation", constitue la première condamnation en justice.

Par: rédaction 14/11/17 - 21h53