Anne Morelli, prof à l'ULB, défend la "liberté d'importuner": "C'est un vrai délire"

Anne Morelli, historienne et professeur à l'ULB, a signé, comme Catherine Deneuve ou Brigitte Lahaie, la tribune du Monde qui défend "la liberté d'importuner". Elle s'est exprimée sur le sujet ce jeudi matin sur les ondes de La Première. Ses propos interpellent.

Elle estime que "nous devons lutter contre un prêt-à-penser qui nous est imposé de plus en plus". Anne Morelli s'insurge contre les accusations qui se multiplient à Hollywood, notamment. "C'est un vrai délire, les femmes sont présentées comme des pauvres biches effarouchées. Elles sont toujours les victimes. Mais nous sommes aussi séductrices, nous sommes aussi dragueuses, nous ondulons aussi parfois pour séduire."

Si elle est d'accord sur le fait que "le viol est un crime" et "un délit", elle ne veut pas que la "drague maladroite" soit sanctionnée. Elle a pourtant été elle-même parfois touchée sans son consentement. Elle évoque ainsi "un gamin" qui a passé la main en-dessous de sa jupe. "Je ne vais pas dire que j'ai trouvé ça agréable, mais je n'en ai pas eu un traumatisme éternel."

Et d'ajouter: "J'ai vécu en Italie, où c'était le quotidien. Si personne ne m'avait pincé les fesses quand j'étais jeune durant tout le trajet du métro, je me disais que j'étais mal nippée ce jour-là."

Anne Morelli regrette le "retour du puritanisme" et c'est ça, selon elle, que la tribune qu'elle a signée et qui a été publiée par Le Monde dénonce.

 
J'ai vécu en Italie, où c'était le quotidien. Si personne ne m'avait pincé les fesses quand j'étais jeune durant tout le trajet du métro, je me disais que j'étais mal nippée ce jour-là.
Anne Morelli

Par: Deborah Laurent 12/01/18 - 00h24