Les propos hallucinants du président de la Tchétchénie

Pour le président tchétchène Ramzan Kadyrov, il n'y a pas d'homosexuels dans sa région. Et s'il y en a, il n'en veut pas.

Le sort réservé aux homosexuels tchétchènes inquiète depuis quelques mois la communauté internationale. Selon certains témoignages, l'orientation sexuelle serait en effet durement réprimée par le régime de cette république autonome du Caucase (Russie) à majorité musulmane. D'aucuns accusent d'ailleurs Ramzan Kadyrov de véritable "génocide" d'une fraction "indésirable" de sa population.

Bien plus radical que Poutine
Mais le dictateur de Grozny nie en bloc et se moque ouvertement de ce que pense l'Occident sur le sujet. Il l'a encore prouvé lors de son dernier entretien avec la chaine américaine HBO. Une interview hallucinante, d'un autre âge. L'allié de Poutine semble en effet assumer pleinement son opinion radicale sur la "cause" homosexuelle. Il va d'ailleurs beaucoup plus loin que la position de Moscou, déjà très décriée, en la matière.

"Emportez-les loin de nous"
Quand le journaliste d'HBO lui demande s'il souhaite réagir à ce parfum de scandale aux portes de l'Europe, Kadyrov, agacé, enfonce le clou. Il se plaint tout d'abord auprès de ses conseillers de la nature-même de la question ("C'est quoi ces questions?") avant d'affirmer sévèrement qu'il n'y a "pas de gays dans son pays": "S'il y en a, emmenez-les avec vous, au Canada. Emportez-les loin de nous. Débarrassez-nous d'eux, pour purifier notre sang". 

"Le Diable"
Que pense le président tchétchène des témoignages de torture de jeunes garçons, dont certains ont pu trouver refuge... en Russie? Lassé, Ramzan Kadyrov les compare alors à Satan: "C'est le Diable, il faut s'en débarrasser, ce ne sont pas des hommes", confie-t-il. "Que Dieu les punisse pour ces accusations. Ils devront en répondre devant le Tout-Puissant", relate Francetvinfo

Rappel
Le journal russe Novaïa Gazeta avait annoncé en mai dernier que les autorités tchétchènes avaient arrêté plus de cent homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur". Selon ce journal, au moins deux personnes avait été tuées par leurs proches et une troisième était décédée des suites d'actes de tortures.

Politique anti-russe
Quant à la politique hostile des États-Unis à l'égard de la Russie, Ramzan Kadyrov n'y va pas par quatre chemins: "Je suis prêt à donner ma vie pour la Russie. Je possède une bonne armée capable d'attaquer et de se défendre. Nous verrons comment évoluent les choses".

Menace nucléaire
Le président brandit d'ailleurs la menace nucléaire en dernier recours: "Nous disposons d'un gouvernement fort et de la puissance nucléaire. Même si le pouvoir venait à tomber, nos missiles seraient automatiquement déployés, de quoi mettre le monde à genoux et à le prendre par derrière" (voir vidéo ci-dessous).

Par: rédaction 17/07/17 - 15h05