"Nous n'avions pas à souffrir seuls"

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De nombreuses personnes vous diront qu'il est important de taire une grossesse avant d'avoir atteint la fin du premier trimestre, et ce, afin d'être certain que votre bébé se porte bien; pourtant, selon une jeune australienne, c'était une bénédiction de savoir que ses proches étaient au courant de sa grossesse lorsqu'elle a perdu son enfant.

Lorsqu'une femme apprend qu'elle sera prochainement maman, l'une de ses premières envies est de crier l'heureuse nouvelle sur tous les toits; pourtant, de nombreuses femmes s'en abstiennent, car il est bien connu qu'il est préférable d'attendre la fin du premier trimestre avant de prévenir ses proches, au cas où la grossesse devrait mal se passer.

Pourtant, et bien qu'elle était consciente qu'il était préférable d'attendre, une jeune femme originaire d'Australie - qui a souhaité rester anonyme - a préféré prévenir ses proches avant la fin de ce premier trimestre. Après six semaines de grossesse, elle a malheureusement perdu son enfant. Mais selon elle, c'était, contrairement à ce que l'on pourrait croire, un véritable soulagement de savoir que sa famille et ses amis étaient au courant de tout: "J'avais souvent entendu que le fait de garder une grossesse pour soi était moins compliqué au cas où les choses se passeraient mal. Mais ça ne me semblait pas juste. Je ne voulais pas être isolée émotionnellement parlant alors que les changements qui se passaient dans mon corps avaient besoin d'un soutien physique et psychologique", a ainsi confié cette jeune femme au magazine Kidspot.

"Alors mon mari et moi avions décidé d'annoncer la bonne nouvelle lorsque les opportunités se présentaient, et que les circonstances étaient appropriées", a-t-elle continué. "Quand nous avons découvert que mon bébé n'était pas en bonne santé, ce fut donc un choc dévastateur. A la fin d'une longue journée à déambuler dans les chambres grises d'un hôpital, les médecins ont confirmé que mon bébé avait cessé de grandir à six semaines. Deux jours plus tard, je subissais un curetage".

"Mais durant les jours et les semaines qui ont suivi, le fait que mes proches connaissaient tout de ma grossesse n'était pas une complication, c'était une bénédiction", a-t-elle ajouté. Pour elle, le fait d'avoir partagé cette heureuse nouvelle les autorisait aussi, elle et son mari, à pleurer cette perte: "Nous n'avions pas à souffrir seuls. Nous pouvions affirmer la perte de notre bébé, ce qui était une étape importante pour mon mari et moi afin de faire notre deuil", a-t-elle confié. "Avoir des êtres chers là pour vérifier comment j'allais m'a aidée à gérer le tout. [...] Mes proches sont devenus mes soignants, le temps que je récupère physiquement; ils cuisinaient pour moi, ils nettoyaient ma maison, ils ont gardé mon premier enfant. Leur aide m'a aidée à aller mieux".

Selon cette australienne, il est donc important qu'un couple décide, en fonction de ses envies, d'annoncer ou non une grossesse. Mais pour elle, lorsqu'une grossesse se termine prématurément, il ne faut pas sous-estimer l'importance du soutien et de l'amour apportés par ses proches: "Quand vos émotions ont besoin de soins, ceux que vous aimez sont vos soignants", a-t-elle conclu.

Alizé Bona 20/03/17 - 13h58