La pratique interdite qui traumatise pendant l'accouchement

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Sans rien dire, le gynécologue appuie sur le ventre de la mère pour faire sortir son bébé plus rapidement: la pratique est violente et utile seulement dans certains cas très précis. Pourtant, certains médecins y ont recours sans raison et sans rien dire à la femme maltraitée au préalable. De quoi transformer un accouchement en cauchemar.

Dans une interview accordée au Elle la semaine dernière, le Président du Collègue Nationl des Gynécologues et Obstétriciens de France affirmait que "l'expression abdmoninale" n'existait plus de nos jours. Cette pratique consiste à appuyer sur le ventre afin de "raccourcir la durée de la seconde phase de l'accouchement". Slate revient sur une étude plutôt récente (les données ont été récoltée entre 2010 et 2016 sur 20.000 femmes) qui assure qu'une femme sur cinq a subi ce geste violent, sans consentement, "pour aider l'expulsion du bébé".

L'expression abdominale, pratiquée mais interdite sauf dans certains cas très précis (épaules du foetus bloquées dans le bassin, lors des césariennes, pendant la délivrance du placenta), est accusée de provoquer des déchirures graves, des ruptures utérines ou encore une diminution du score d'Apgar des nouveaux-nés. De quoi faire tourner l'accouchement en cauchemar.

Slate a récolté des témoignages assez affolants sur la brutalité de ce geste rarement utile. Morgane raconte son accouchement interminable, travail long et péridurale au bout de 17 heures de souffrance. "Le gynécologue m'a appuyé très fortement sur le ventre sans rien expliquer plusieurs fois. J'avais mal, la respiration coupée et donc plus de difficultés à pousser lorsqu'il le faisait mais je n'ai rien osé lui dire." Elle a mis longtemps à s'en remettre. Une autre mère se rappelle d'un médecin "cynique, blasé, sans une once d'humanité" qui lui a appuyé sur le ventre "comme un abruti, me laissant un joli hématome pour les 10 prochains jours".

Une troisième se rappelle qu'on a poussé sur son ventre alors qu'elle poussait "depuis moins de 5 minutes": "Je savais que c'était interdit mais je n'ai pas pu réagir étant en pleine poussée. Douleurs ensuite à l'abdomen pendant plus d'un mois et impression d'une grande violence pendant l'acte." Claire parle d'une aide soignante d'au moins 80 kilos qui lui a appuyé sur le ventre "de toutes ses forces". "Je hurlais de terreur à chaque appui. Je n'ai rien osé dire, après une vingtaine d'heures de travail, une péridurale trop dosée et de nombreuses autres maltraitances, j'étais épuisée et en position de faiblesse." Lisez tous les témoignages ici.

Par: Deborah Laurent 19/06/17 - 10h26