Soi-disant "ballonné", ce mannequin a été évincé d'un défilé Louis Vuitton

Bare legs warmer days #hownice

907 Likes, 9 Comments - Ulrikke Hoyer (@ulrikkehoyer) on Instagram: "Bare legs warmer days #hownice"

"Ce qui aurait dû être une expérience vraiment incroyable et unique a fini par être une expérience très humiliante", a ainsi expliqué Ulrikke Louise Lahn Høyer.

L'industrie de la mode et du mannequinat est connue pour être infâme dans la façon qu'elle a d'imposer des "normes" d'apparence quasi impossibles à atteindre sans souffrir de troubles de l'alimentation. Il n'empêche qu'il est toujours tout aussi choquant d'entendre des mannequins raconter comment ils en sont venus à être considérés comme "trop gros" aux yeux de cette industrie destructrice.

C'est notamment le cas du mannequin Ulrikke Louise Lahn Høyer, 20 ans, qui s'est vu évincé d'un défilé Louis Vuitton de Kyoto sous prétexte qu'elle était "ballonnée".

Sur son compte Facebook, Ulrikke explique qu'elle avait été contactée, via son agence, pour défiler pour la prestigieuse marque. Connaissant les critères de sélection particulièrement exigeants de Louis Vuitton, ainsi que la taille particulièrement petite des vêtements de la marque, Ulrikke avait décidé d'un commun accord avec son agent de ne pas assister au défilé - pour éviter d'être jugée "trop grosse", car la taille de ses hanches était de 92 cm, ce qui fait d'elle un mannequin en bien meilleure forme que la plupart d'entre eux.

Cependant, Alexia Cheval, l'agente chargée de sélectionner les mannequins pour le show, avait tout de même tenu à ce qu'Ulrikke participe aux essayages sur Paris. Rapidement, la participation d'Ulrikke pour le défilé de Kyoto était confirmée: "Avant même que je n'ai eu le temps de retirer les vêtements, ils m'ont dit que j'étais sélectionnée pour faire le défilé", a expliqué Ulrikke. "J'étais excitée à l'idée d'aller au Japon, et heureuse de savoir que même si je n'étais pas 'dans ma plus petite taille', Louis Vuitton voulait de moi pour son défilé", a-t-elle ajouté. "Mais ce qui aurait dû être une expérience vraiment incroyable et unique a fini par être une expérience très humiliante".

Une désillusion
La veille de son départ pour le Japon, Ulrikke était contente de voir que la taille de ses hanches était redescendue à 91,5 cm; un peu moins que lors des essayages. À ses yeux, tout était donc supposé bien se dérouler.

Pourtant, après une autre série d'essayages sur place, Alexia Cheval a contacté l'agent d'Ulrikke, pour lui dire qu'Ulrikke avait un ventre "très ballonné", un "visage gonflé" et qu'elle devait arrêter de manger et uniquement boire de l'eau durant les prochaines 24 heures.

"J'ai été choquée en apprenant ça, c'est exactement ce que je voulais éviter lorsque j'ai voulu annuler les essayages sur Paris, la première fois", a continué Ulrikke. Le jour suivant, Ulrikke était réexpédiée sur Paris.

La jeune femme n'en veut toutefois pas à Nicolas Ghesquière, le directeur artistique de Louis Vuitton, mais bien à l'industrie de la mode dans son ensemble, car elle crée des vêtements "uniquement pour les personnes souffrant d'un trouble de l'alimentation". "Je suis consciente de n'être qu'un produit", a-t-elle ajouté. "Je peux séparer ces deux choses, mais j'ai vu beaucoup trop de filles tellement maigres que je ne comprends même pas comment elles peuvent marcher ou parler. Il est tellement évident que ces filles ont désespérément besoin d'aide".

"Je suis contente d'être une femme de 20 ans et non une jeune fille de 15 ans, [...] parce que je suis certaine que j'aurais terminé par être très malade, et effrayée tout au long de ma vie d'adulte", a-t-elle conclu.

Alizé B. 19/05/17 - 13h56