Marvin Gaye aussi s'est un jour exilé en Belgique

C'était le 14 février 1981.

Chaque semaine dans sa chronique sur France Inter, Thomas Chauvineau invite les auditeurs à voyager dans un lieu qui fait l'actualité, et ce mardi matin, il a choisi de les transporter en Belgique. À Ostende plus précisément. Alors que la justice belge examinera bientôt la demande d'extradition de Carles Puigdemont, le journaliste rappelle qu'un autre homme célèbre avait déjà trouvé refuge dans notre plat pays, pour des raisons très différentes, en 1981. Rejeté par sa maison de disques et poursuivi par le fisc qui lui réclame quatre millions de dollars, Marvin Gaye a d'abord tenté de fuir ses problèmes à Londres avant de s'exiler à Ostende, pendant presque deux ans.

Une belle ville et des gens tolérants
"Je suis à Ostende pour plusieurs raisons. D'abord, c'est une belle ville, qui vit à un rythme beaucoup plus lent que Paris, Londres, New York ou Los Angeles. Les gens ici sont les mêmes que partout dans le monde. En tant que Noir, je peux tout accepter à part les préjugés. Pour moi, la tolérance est une grande qualité. Je pense que les gens d'ici vous acceptent lorsqu'ils voient que vous êtes humain, honnête, bon et respectable", confie le chanteur américain dans le documentaire "Remembering Marvin Gaye: Transit Ostende" de Richard Olivier, disponible en ligne. Sur ces images d'archives, on peut le voir courir en jogging dans les dunes ou jouer aux fléchettes dans un bar de quartier. 

Le tube "Sexual Healing" composé à Ostende
C'est grâce à un certain Freddy Cousaert que Marvin Gaye a débarqué en Belgique. Cet hôtelier passionné de musique soul a convaincu l'artiste de quitter Londres et ses tentations pour se ressourcer sur la côte belge. "Freddy est la meilleure chose qui soit arrivée à Marvin", estimera d'ailleurs Curtis Shaw, avocat et ami du chanteur, dans un documentaire de la BBC. La légende raconte que Marvin a écrit "Sexual Healing" à Ostende. "J'ai été la première à l'entendre", affirme Liliane Debrock, la veuve de Freddy Cousaert, dans un article de La Libre Belgique. "Il la chantait en prenant son bain. Je lui ai directement dit que cela allait être un hit."

En 1982, Marvin Gaye rentre aux États-Unis et renoue avec le succès avec la sortie de "Midnight Love", un album enregistré en partie à Ohain, dans les studios de Marc Aryan. Mais il retrouve aussi ses vieux démons et la drogue provoque chez lui des crises de paranoïa. En avril 1984, la veille de ses 45 ans, le chanteur se dispute violemment avec son père, un prêtre pentecôtiste, qui l'abat de deux balles dans la poitrine. Le revolver était un cadeau de Noël de Marvin à son père.

Par Catherine Delvaux. 14/11/17 - 11h25