Le désaccord belge sur le CETA perçu comme "un choc" par le monde entrepreneurial canadien

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Le désaccord belge au sujet du CETA, traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, en octobre dernier, et le refus wallon de le signer, ont été reçus comme un véritable "choc" par le monde des entreprises outre-Atlantique. C'est ce qu'a décrit mercredi à la presse Paul Desmarais Jr., président du conseil d'administration et co-chef de la direction de Power Corporation du Canada, à l'issue d'une présentation de Charles Michel à la conférence de Montréal. Le Premier ministre est arrivé mercredi au Canada pour une visite de trois jours.

Paul Desmarais Jr. co-détient, avec la famille Frère, le holding GBL via Pargesa. L'homme d'affaires québécois relève beaucoup de similitudes entre la Belgique et le Canada, notamment en termes de culture, ainsi qu'entre la Wallonie et le Québec. Il voit aussi la Belgique comme "un pays idéal pour faire du commerce avec l'Europe".

"Mais si deux pays aussi semblables ne peuvent pas le faire", ne se mettent pas d'accord, "c'est décourageant", commente-t-il.

"Quand on fait des accords, il y a toujours des problèmes. Mais c'est petit comparé à la chance d'avancer, de faire des échanges entre nos deux pays. C'est quelque chose d'historique, qui doit se faire, je crois, dans l'intérêt des deux continents."

Me Xavier Van Overmeire, chef régional du secteur du commerce international chez Dentons Canada, confirme également que le veto wallon a créé une "réaction bien sûr négative", "difficile à comprendre", au sein du monde des entreprises du Canada.

Or, "le blocage wallon n'a finalement pas réellement changé le texte du CETA", rappelle-t-il. Le désaccord wallon portait en outre essentiellement sur la compatibilité du mécanisme de règlement des différends en matière d'investissement (Investment Court System - ICS) avec le droit de l'Union européenne, un élément "qui ne fait pas partie de l'entrée en vigueur provisoire du CETA".

Un accord intra-belge avait finalement été trouvé en octobre 2016, prévoyant que la Belgique pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne pour vérifier cette compatibilité. La saisine devrait d'ailleurs intervenir dans les prochaines semaines.

L'avocat spécialisé en commerce international parle du Traité avec optimisme, même s'il reste "beaucoup de choses à faire". "Il faut arrêter de voir cet accord du point de vue réducteur des importations/exportations", dit-il. Le CETA ouvre surtout la voie à davantage de collaboration transfrontalière, à l'heure où "plus aucun processus de production ne se fait qu'à un seul endroit du monde". Cela permettra "d'améliorer le rendement, et d'intégrer des technologies" européennes dans des systèmes de production au Canada et vice-versa.

Les deux hommes étaient présents mercredi après-midi à la Conférence de Montréal, organisée par le Forum économique international des Amériques. Charles Michel s'y est exprimé vers 16H15 heure locale (22H15 HB), mettant en avant l'importance du projet européen et du CETA.

Par: rédaction 15/06/17 - 10h25