Traité de "chemise brune", Ardisson clashe Yassine Belattar: "On ne peut pas critiquer l'islam?"


La battle des idées : Yassine Belattar - Salut... par salutlesterriens

Après avoir été traité de "chemise brune" et pris à partie à plusieurs reprises par Yassine Belattar sur les réseaux sociaux, Thierry Ardisson a décidé d'inviter l'humoriste sur le plateau de son émission "Salut Les Terriens" sur la chaîne C8 pour une franche explication. Il reprochait à l'animateur, par le choix de ses invités et par sa critique de l'islamo-gauchisme, de faire le jeu du Front National.

Le terme "chemise brune" fait référence aux SA (Sturmabteilung), l'organisation paramilitaire du parti nazi durant la Première Guerre mondiale. Les SA furent appelées "chemises brunes" en raison de la couleur de l'uniforme de ses membres à partir de 1925.

"Officiel donc, Ardisson n'aime pas les musulmans. Bravo Salut Les Terriens. Débat sordide. J'ai honte. Faire de l'audience en caressant le FN", a publié l'humoriste publié sur Twitter, après l'émission de la semaine dernière autour de l'islamisme.

Ardisson: "Peut-on critiquer toutes les religions sauf l'islam?"
Pas du genre à fuir le débat, Thierry Ardisson a invité le comédien sur son plateau pour un débat en face-à-face, en présence également de l'essayiste Pascal Brucker, l'auteur du livre "Un racisme imaginaire".

D'emblée, Ardisson interpelle son invité. "J'avais envie de vous voir en face ce soir, Yassine, parce que quand quelqu'un dit du mal de moi, je préfère l'inviter. (...) Quel est le problème, Yassine? Est-ce qu'en France, on peut critiquer toutes les religions, sauf l'islam? Comme vous dites que je suis devenu une chemise brune, c'est quand même le point Godwin, c'est quand même que je suis un nazi. Je ne critique pas l'islam, j'ai peur des islamistes. Je pense que nous sommes un certain nombre dans ce pays", explique l'animateur.

Benlattar: "Face à la montée du FN, il faut être pédagogue"
Et l'invité de répondre: "Le problème n'est pas tant la personne que vous êtes mais les personnes que vous recevez. Il y a une évolution néfaste. Notre rôle en ce moment, face à un Front National là où il est, c'est aussi d'être pédagogue plus que metteur en scène. Le problème, c'est comment les animateurs donnent la parole à des gens qui ont capté, renforcé, voire démocratisé une parole qui a des conséquences dans la vie de tous les jours".

La discussion entre Ardisson et Belattar s'est ensuite prolongée, avec une certaine électricité palpable.

Michaël Bouche 20/03/17 - 12h34