Fort Boyard: "Cette polémique va trop loin"


Une nouvelle séquence de "Fort Boyard" sur... par morandini

Une nouvelle épreuve se déroulant dans une cellule capitonnée a été diffusée le 24 juin dernier.

Baptisée "l'Asile", une nouvelle épreuve de Fort Boyard a déclenché la colère de plusieurs associations à cause des préjugés qu'elle véhicule au sujet des maladies mentales. Pour obtenir une clé, le candidat se retrouve enfermé dans une cellule capitonnée et doit revêtir une camisole de force. Sur les murs, des messages désespérés soulignent une impression de souffrance. 

"Tout concorde à transmettre au travers de ce "jeu" une représentation dévalorisante et stigmatisante des personnes psychiatrisées et hospitalisées en psychiatrie", indique SOS Psychophobie, qui demande à France 2 le retrait immédiat de cette épreuve. L'association aimerait également des "excuses publiques pour toutes les personnes qui ont été touchées par leur représentation caricaturale de la maladie psychique et par leur banalisation des maltraitances psychiatriques."

Sur le site de Libération, Joan, qui s'occupe du site Comme des fous, explique: "Cette violence faite aux personnes psychiatrisées qu'on appelle psychophobie, vous ne la ressentez peut-être pas. Je vous demande donc de me croire sur le fait que la prise en charge psychiatrique de la folie reste encore de nos jours une expérience traumatisante. S'en relever relève de l'exploit, même s'il existe de nombreuses structures d'accompagnement et de soutien ainsi que des associations pour nous aider à le faire. Je ne dis pas que l'hôpital c'est l'enfer, je dis que la folie c'est traumatisant, qu'on soit laissé à soi-même dans une chambre d'isolement ou marginalisé une fois sorti de l'hôpital. L'image reflétée par cette épreuve de Fort Boyard n'est pas acceptable."

Suite à ces plaintes, la production de Fort Boyard a décidé d'adapter les commentaires du jeu lors de la deuxième diffusion samedi dernier. "On ne voulait choquer personne. L'Asile faisait partie d'un univers de fiction comme beaucoup d'autres", se défend Guillaume Ramain, producteur artistique, sur le site du Parisien. L'épreuve ne sera apparemment pas supprimée. "Depuis 1990, on a reversé 4 millions d'euros à des associations. On ne veut stigmatiser personne. Au contraire, on a même fait participer deux athlètes handicapés cette saison. Alors qu'on nous fasse un procès là-dessus, c'est aussi choquant. Cette polémique va trop loin."

Par Catherine Delvaux. 5/07/17 - 11h51