Le Giro attaque les choses sérieuses

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Après deux semaines de course, le Tour d'Italie rentre dans sa dernière phase décisive dès samedi. Et ils sont encore (au moins) cinq à pouvoir espérer ramener le maillot rose à Milan. Tour d'horizon des forces en présence.

Six étapes de haute montagne, une de moyenne montagne, un contre-la-montre et une journée de repos, les dix derniers jours de la centième édition du Giro s'annoncent dantesques. Et ce n'est pas pour déplaire aux amateurs de la petite reine. D'autant qu'ils sont encore cinq à pouvoir espérer monter sur la plus haute marche du podium, le dimanche 28 mai à Milan.

1. Tom Dumoulin, avec une belle marge

Leader après deux semaines de course, Tom Dumoulin a réalisé le début de Giro parfait. Costaud dans la montée du Blockhaus (seule ascension dans laquelle les favoris se sont, jusqu'ici livré bataille, depuis le départ en Sardaigne), où il n'a presque rien concédé à Quintana, le Néerlandais a frappé un très grand coup dans le contre-la-montre de Montefalco. Si bien qu'il aborde la dernière phase de son Tour d'Italie avec un petit matelas de plus de deux minutes sur son premier poursuivant. Bonne nouvelle pour Dumoulin, il y aura encore un chrono le dernier jour. Mais avant cela, il devra résister aux offensives des purs grimpeurs. Sur ce qu'il a montré jusqu'ici, il est capable de limiter la casse. Mais pourra-t-il tenir le rythme sur trois semaines? Il y a deux ans, tout le monde le voyait s'imposer sur la Vuelta avant qu'il ne craque à la veille de l'arrivée...

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2. Nairo Quintana: le principal prétendant

On l'annonçait comme le grand favori de cette 100e édition du Tour d'Italie: Nairo Quintana a déja fait parler la poudre dans le Blockhaus. Une victoire d'étape et le maillot rose, le Colombien a montré qu'il était le plus fort en montagne. Le soucis, c'est que deux jours plus tard, il cédait près de trois minutes à Dumoulin dans le contre-la-montre. Résultat, le coureur de la Movistar pointe à 2'23'' du Maillot Rose. Et on peut imaginer qu'il cèdera aussi beaucoup de terrain dans le dernier chrono à Milan... La seule solution pour que Quintana continue à croire au doublé Giro-Tour, c'est l'attaque. Le Colombien adore les troisièmes semaines: il va mettre le feu à ce Giro et faire la guerre à Dumoulin dès samedi.

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3. Bauke Mollema veut y croire

Troisième du général à 2'38" du leader, Bauke Mollema ne fait pas trop de bruit, mais il est là. Dans la montée du Blockhaus, il a fait plus que résister et il a réussi un très bon chrono. La question c'est: veut-il jouer la gagne ou va-t-il viser un podium? De la réponse à cette question dépendra toute la stratégie de l'équipe Trek. Mais s'il veut viser la victoire finale, il devrait trouver des alliés pour attaquer Dumoulin sans trop de problèmes.

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Thibaut Pinot: en embuscade

Le Français ne s'est pas caché en débarquant sur le Tour d'Italie pour la première fois de sa carrière. Il est venu pour gagner ou, au moins, prendre place sur le podium final. C'est une sacrée pression qu'il s'est mise sur les épaules, mais Pinot est capable de la gérer. Il est là depuis le début et n'hésitera pas à tenter sa chance s'il en a l'opportunité. Reste à voir s'il a les moyens de ses ambitions. Il avait annoncé qu'il serait dans le coup sur le chrono et il est passé à côté. Mais deux jours plus tard, il déposait Nibali dans le Monte Fumaiolo pour fausser compagnie à tous les favoris, avant de se faire rattrapper dans la descente. C'est la preuve que la forme est là et le protégé de Marc Madiot espère qu'elle va perdurer.

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Vincenzo Nibali: l'espoir de tout un peuple

Double vainqueur de l'épreuve, Vincenzo Nibali a concentré tous ses efforts sur cette centième édition du Giro, cette année. Il lui a manqué un petit quelque chose dans le Blockhaus, et malgré quelques tentatives, il n'est pas encore parvenu à fausser compagnie à ses adversaires. Sa performance sur le chrono (6e) laisse penser qu'il monte en puissance. Et on le sait, le Requin de Messine est redoutable en troisième semaine de Grand Tour. Autre atout du tenant du titre: son audace. En descente, en montée, Vincenzo Nibali est un attaquant né. Devant son public, Nibali ira au bout de lui-même pour tenter de gagner ce Giro. Il est, certes, à 2'47'' du leader, mais il n'est qu'à 25 secondes de celui que l'on désignait comme son principal adversaire: Nairo Quintana. La lutte sera féroce et le Sicilien est un guerrier, alors...

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Ils n'ont pas abandonné tout espoir de podium

Sixième, Andrey Amador ne pointe qu'à un peu plus de trois minutes au général, mais chez Movistar, on ne mise que sur un seul cheval. Le Costaricien sera un équipier de luxe pour Quintana et il serait étonnant de le voir sur le podium à Milan, mais il reste un joker intéressant pour son équipe. De leur côté, Jungels, Pozzovivo, Kangert et Zakarin, les quatre autres membres du top 10, restent des candidats crédibles à une place sur la boîte à Milan mais avac près (ou plus) de 4 minutes de retard sur le leader, ils semblent écartés de la course à la victoire. A moins qu'ils ne profitent de la rivalité qui oppose les leaders...

Avec 10 hommes qui se tiennent en 4'17'', le Giro s'annonce plus serré que jamais. Et au vu du programme très copieux et varié qui attend les hommes forts de ce Tour d'Italie d'ici à l'arrivée, la course sera plus passionnante que jamais.

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Pierre Ghislain 20/05/17 - 00h01