Le screening des festivaliers de Tomorrowland divise le gouvernement

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Le screening organisé par la police fédérale sur les 400.000 participants au festival Tomorrowland débouchant sur 38 refus d'accès à l'événement, qui fait l'objet d'enquêtes de la commission Vie privée et du comité P, divise le gouvernement fédéral.

"Imaginez les questions que vous me poseriez si un attentat terroriste venait à être commis à Tomorrowland par un participant ayant acheté un ticket", a lâché le ministre de l'Intérieur Jan Jambon aux députés qui l'interrogeaient jeudi à la Chambre. Selon le vice-premier ministre N-VA, la police fédérale a eu un "réflexe sain" sur base d'une analyse réalisée localement. Le screening a été réalisé sur base de trois critères, a-t-il expliqué: le terrorisme, la drogue et des troubles de l'ordre public. Tout au plus, admet le ministre, certains éléments du screening peuvent être améliorés et adaptés et les processus seront améliorés sur base du résultat des enquêtes de la commission Vie privée et du comité P.

"L'objectif est d'assurer la sécurité des festivaliers dans le respect de l'Etat de droit et de la vie privée", a assuré M. Jambon.

Partageant le même souci de la sécurité, son collègue Open Vld Philippe De Backer, secrétaire d'Etat à la Vie privée, a souligné que "la concertation a montré très clairement qu'il y avait beaucoup d'interrogations sur la manière dont le screening a eu lieu, sur le respect de la réglementation locale, de la communication, et sur l'absence de possibilité d'appel contre un screening négatif".

Respect de la vie privée
S'en référant lui aussi à l'enquête en cours, le secrétaire d'Etat libéral flamand a souligné l'importance qu'il y a à assurer la sécurité "avec les check and balances" (contrôles et contrepoids). Or, en l'espèce, "il y a de grandes questions sur la proportionnalité et l'efficacité" d'un tel screening, a conclu M. De Backer.

Soulignant les divergences de vue entre les deux membres du gouvernement, Hans Bonte (sp.a) a dénoncé "l'Etat policier dans lequel se complait le ministre Jambon".

Pour la députée Özlem Özen (PS), "il convient bien entendu de garantir la sécurité des festivaliers, singulièrement avec un niveau de menace 3, mais pas avec des mesures généralisées, sans critères prédéterminés". La députée socialiste a également relevé l'inefficacité de prendre des mesures ne s'appliquant qu'au seul festival Tomorrowland et pas à d'autres événements. Enfin, a-t-elle rappelé, "dans un Etat de droit, la police doit aussi respecter la réglementation et la vie privée des citoyens".

Par: rédaction 13/07/17 - 17h20