Premières huées pour un réfugié qui peut voler

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Des dizaines de réfugiées tentent de traverser la Hongrie dans des bateaux de misère quand ils se font tirer dessus par les autorités locales. Un jeune Syrien prend trois balles dans le corps. Mais au lieu de mourir, il se découvre un pouvoir de lévitation. Ce don très spécial va attirer l'attention d'un médecin à la pratique douteuse à cause de problèmes personnels. Il va faire se faire de l'argent avec le talent de son poulain en échange de nouveaux papiers. Il rend donc visite à des patients gravement malades en leur faisant croire que le réfugié est un ange. Selon lui, "il suffirait d'en voir un pour croire qu'ils existent".

"La lune de Jupiter", qui désigne la terre promise des réfugiés: l'Europe, est un film qui traite de la crise de l'immigration et de ces religions qui vénèrent un Dieu qu'on ne voit jamais. Les premières dix minutes du film de Kornél Mundruczó nous scotchent à notre siège: il y a urgence, Aryan doit s'enfuir pour survivre. Il n'y avait qu'un plan séquence pour rendre cette angoisse qui prend aux tripes. C'est d'un réalisme frappant, on a le coeur qui vibre au rythme de cette course folle dans la forêt.

"La lune de Jupiter" est un film curieux, avec des moments plutôt sublimes et d'autres complètement bizarres. Sans qu'on nous explique jamais comment Aryan a développé son étrange pouvoir et sa capacité de régénération, il est présenté comme un Messie par certains et comme un terroriste pour d'autres. Une scène d'ailleurs faite de sang et de poussières nous rappelle tragiquement un certain 22 mars.

"La lune de Jupiter" a des touches d'humour inattendues mais ça n'a pas suffit aux critiques pour se dérider. Le film a été accueilli par de brèves huées en vision de presse. Il est vrai que c'est long et que les réflexions pompeuses sur la foi ont de quoi en agacer plus d'un mais on a trouvé ces protestations plutôt dures. On a aimé le mélange des genres, tantôt thriller, tantôt fantastique, et la relation presque paternelle qu'entretient ce médecin avec le réfugié qu'il a pris sous son aile.

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Par: Deborah Laurent 19/05/17 - 06h40