Tout est bon dans ce cochon: avec son film génial, Netflix met une claque aux râleurs

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Pour Paul Dano, "Okja" est un film "à la fois humain, engagé et osé". On ne pourrait pas mieux résumer la chose. Débuté sous les huées à cause de sa production Netflix, le film s'est conclu ce matin par des applaudissements nourris.

"Okja" raconte l'histoire d'une petite fille et d'un cochon géant génétiquement modifié. Mija et Okja ont coulé des jours heureux dans les montagnes de Corée du Sud pendant dix ans. La multinationale qui a créé l'animal décide de le récupérer. Mija se lance à sa poursuite, bien décidée à le sauver d'une mort horrible. Elle est rejointe dans son combat par une association de libération des animaux en danger.

Militant mais pas chiant
"Okja" est un film d'amour entre une enfant et son animal de compagnie, aussi gigantesque qui soit. La bête est d'un réalisme impressionnant. Sa gentillesse se lit dans ses yeux. C'est un road-movie haletant, une critique du capitalisme égoïste et c'est aussi un manifeste. Bong Joon-Ho revient sur le traitement atroce réservé aux animaux dans les laboratoires. Quand Mija découvre l'élevage en batterie des cochons, on se rappelle que ce n'est pas de la fiction et on se jure de devenir végétarien ou en tout cas, de moins manger de viande. "Okja" est un film intelligent: il est militant mais pas chiant. S'il pousse à réfléchir, il reste avant tout un divertissement. C'est malin: c'est justement cette approche pas donneuse de leçons qui poussera l'audience à prendre des mesures au quotidien pour consommer de façon plus respectueuse de la nature.

Un casting de rêve
La force d'"Okja" réside aussi dans son humour amené par des acteurs absolument déchaînés. Jake Gyllenhaal remonte ses chaussettes jusqu'aux genoux et casse son image de sex-symbol tandis que la scène d'ouverture avec une Tilda Swinton baguée et montée sur ressorts marquera les esprits. Le reste du casting est aussi bon: Lily Collins et Paul Dano font partie de la bande. "Okja" est une excellente surprise et on espère que Pedro Almodovar lui laissera sa chance. Netflix ou pas, polémique ou non, ce film a de très bons arguments pour plaire au plus grand nombre.

Bong Joon-Ho ne s'inquiète en tout cas pas des jugements du jury. Lors d'une conférence de presse, ce grand fan de Pedro Almodòvar s'est dit déjà "très honoré" de savoir qu'il va découvrir son film ce soir. Une réaction très classe aux propos tenus par le Président du jury un peu plus tôt cette semaine qui ajoute à la sympathique qu'on a pour ce film.

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Par: Deborah Laurent 19/05/17 - 12h25