"Under the Silver Lake" ou comment j'ai pris un champi hallucinogène sans le savoir

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Il y a des films qu'il est douloureux de voir quand on a trop peu dormi et qu'on a encore le cerveau dans le coton. "Under the Silver Lake" de David Robert Mitchell en fait partie. On est sorti des 2h20 de vision encore plus embrouillé qu'à l'arrivée, avec l'impression d'avoir pris un champignon hallucinogène sans le savoir.

Andrew Garfield est Sam, un garçon qui fait croire à sa mère qu'il travaille alors qu'il passe ses journées dans son canapé ou sur sa terrasse, fumant des cigarettes et observant ses voisins à la jumelle. C'est l'oeil rivé à ses loupes qu'il découvre l'existence de sa nouvelle voisine. Il passe la soirée avec la jolie blonde, ils se promettent de se revoir le lendemain et... elle disparaît mystérieusement. Sam va se lancer dans un voyage de l'absurde pour la retrouver.

On aimerait vous dire qu'on a tout compris à "Under the Silver Lake" mais ça serait mentir. Sam voit des indices pour retrouver sa belle partout. Complétement obsédé, esseulé, perdu, parano, transcendé, il croit aux codes cachés dans les chansons, sur les murs, dans un livre ou un film muet. Son jeu de piste géant ne s'arrête jamais et c'est sacrément long.

David Robert Mitchell bourre son oeuvre de références (il faut une sacrée culture cinématographique et musicale pour les comprendre), et l'histoire ne se déroule pas à Los Angeles pour rien. C'est là que naît, explose, se défait la pop culture sous toutes ses formes.

Si la mise en scène est audacieuse, le réalisateur, fan de David Lynch et Brian de Palma, nous a complètement perdu en chemin entre le suicide d'un écureuil, un chien mort et une caresse sur la tête de James Dean à l'Observatoire de Los Angeles. Ce que vous venez de lire n'a pas de sens? Ce n'est qu'un petit aperçu de l'égarement ressenti devant ce film qui part dans tous les sens. En tournant la tête vers mon voisin de siège, que je ne connaissais pas trois secondes plus tôt, j'ai vu le vide et l'interrogation dans son regard. "J'ai détesté", a-t-il résumé. "Under the Silver Lake" est une oeuvre curieuse et difficile d'accès. Un film cannois, par excellence.

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Par: rédaction 16/05/18 - 16h44