De nouvelles images choquantes filmées dans un abattoir belge

© Capture d'écran.

L'organisation de défense des animaux Animal Rights a dévoilé mardi des images qu'elle affirme avoir filmées en juillet dernier en caméra cachée à l'abattoir Verbist à Izegem, sur lesquelles on peut voir notamment des bovins recevoir des coups ou des chocs électriques. Le groupe Delhaize a annoncé qu'il mettait fin à sa collaboration avec l'abattoir. "Delhaize ne tolère d'aucune manière les manquements au bien-être animal" tandis que le groupe Colruyt a suspendu ses commandes. L'inspection flamande du bien-être animal, sous la compétence du ministre régional Ben Weyts, va se rendre sur place en matinée.

Dans la suite de la vidéo, qui fait également l'objet d'un article dans De Morgen et Het Laatste Nieuws mardi, des bovins sont suspendus et égorgés, suivant le procédé normal d'un abattoir, mais certains semblent encore partiellement ou totalement conscients au moment de l'égorgement, n'ayant pas été correctement étourdis selon l'organisation.

Images filmées du 17 au 31 juillet
Selon le dossier transmis à la presse par Animal Rights, qui avait déjà récemment pris pour cible un couvoir et élevage de poulets à Tielt, la vidéo a été composée à partir d'images filmées du 17 au 31 juillet 2017. Un travailleur de l'abattoir d'Izegem, sympathisant de l'ASBL, aurait permis à cette dernière d'y installer des caméras cachées, qui ont enregistré un total de 59 heures d'images. Le montage vidéo est "un résumé des faits qui ont été observés à plusieurs reprises sur les 59 heures d'enregistrement".

Taser
"Les images des bovins filmées dans le box d'étourdissement témoignent de réactions intenses de panique. Du box, les animaux ont vue sur l'abattage de leurs semblables. Ils perçoivent la façon dont ces derniers sont suspendus et égorgés. Certains bovins terrifiés essayent de s'élever hors du box", note l'organisation. Celle-ci relève aussi l'"utilisation routinière d'un taser" par un des travailleurs, sur les bovins dirigés vers le box d'étourdissement. "Il se sert à maintes reprises de l'appareil à chocs électriques sur les flancs et l'anus des animaux, ce qui est interdit par la loi".

La présidente d'Animal Rights, constituée en ASBL en Belgique en 2015 et également présente aux Pays-Bas, précise dans un communiqué envoyé mardi que son organisation va "déposer une plainte au service du Bien-être animal flamand" et "exiger la fermeture de l'abattoir d'Izegem".

La société Verbist, contactée par De Morgen et Het Laatste Nieuws, y a réagi via son patron Louis Verbist, qui affirme que son abattoir fonctionne "dans les règles de l'art".

Schokkende beelden uit slachthuis Izegem - 4' from Animal Rights on Vimeo.

L'inspection du bien-être animal sur place

L'inspection flamande du bien-être animal, sous la compétence du ministre régional Ben Weyts, va se rendre mardi matin à l'abattoir Verbist d'Izegem, dont des images de caméras cachées ont été dévoilées par l'ASBL Animal Rights. Le porte-parole du ministre confirme l'information mardi, répercutant la réaction outrée de l'homme politique N-VA, selon lequel "le chemin vers davantage de bien-être animal est fichtrement long".

Les images "confortent" dans tous les cas le ministre Weyts dans son ambition, "aussi bien sur le plan des exigences pour les abattoirs que quant à une augmentation des inspections", indique-t-il. Ce service a récemment vu son personnel doublé, rappelle le ministre.

Delhaize et Colruyt se distancient des pratiques de Verbist
Delhaize a déjà fait savoir qu'il stoppait immédiatement toute collaboration avec l'abattoir d'Izegem. "Delhaize ne tolère en aucun cas les atteintes au bien-être des animaux", a souligné l'enseigne. La chaîne de supermarchés intensifiera les contrôles et en prévoit des supplémentaires dans les autres abattoirs avec lesquels elle coopère.

Quant à Colruyt, qui a visionné les images, le groupe a décidé de suspendre ses commandes et livraisons avec l'abattoir. "Le bien-être animal est primordial dans notre agenda. Nous supposons que toute la lumière sera rapidement faite sur cette affaire, et examinerons alors quelles mesures nous prendrons."

Par: rédaction 12/09/17 - 07h59