"Cela n'arrive qu'une dizaine de fois par semaine", relativise le patron de l'abattoir

© belga.

Louis Verbist, le septuagénaire propriétaire de l'abattoir incriminé à Izegem, est choqué par les images de son propre établissement délivrées par l'association d'Animal Rights et encore plus par les conséquences qu'il subit désormais. Le ministre flamand en charge du Bien-être animal (N-VA) a fait fermer l'abattoir immédiatement hier et ce alors que de grandes enseignes de grande distribution en dépendent pour achalander leurs boucheries.

Au lendemain de la fermeture de la maison Verbist, abattoir réputé d'Izegem, Het Laatste Nieuws a eu l'occasion de visiter l'usine. Une visite sans animaux vu que la ligne d'abattage ne fonctionne que les lundis, mercredis et vendredis. Selon Louis Verbist, fier propriétaire de 73 ans de l'entreprise famillale, cette dernière "suit à la lettre les règles de l'art" avec une attention particulière pour le bien-être des bovidés et ce depuis plus de trente ans.

"On veille à leur bien-être pour mieux vendre aussi"
Le chef d'entreprise est honnête, ce respect n'est pas innocent. "Seuls les animaux qui se connaissent attendent ensemble dans l'une des quatre files d'attente et ce afin d'éviter qu'ils ne s'inquiètent. Notamment parce que le stress engendre de la mauvaise viande, impropre à la consommation: la viande devient alors en effet foncée et dure, et elle est invendable. C'est donc aussi dans notre intérêt de prendre garde au bien-être de nos bêtes", argumente-t-il.

"Une tape dans le dos ne suffit pas"
Cependant il arrive, Verbist l'admet, qu'un boeuf soit récalcitrant et tente d'échapper à l'abattage. "Environ une dizaine de fois par semaine, sur un total de 400 bêtes que nous abattons hebdomadairement". C'est précisément ces dix animaux que l'on voit dans les images délivrées par Animal Rights, affirme-t-on à Izegem. "Nous avons posé la question à notre chef boucher. Il s'agissait effectivement d'un boeuf très nerveux. Ce sont de fameuses bêtes, de 500 à 700 kilos: il ne suffit pas de les pousser un peu dans le dos pour qu'elles avancent. Mais je l'admets: enfoncer un bâton dans un animal comme ça (sur les images, on voit un ouvrier appuyer avec une tige dans l'anus de la bête), cela n'aurait jamais dû arriver. Et nous allons nous-mêmes également enquêter là-dessus".

"On n'égorge pas les boeufs vivants"
"C'est pourquoi je voudrais voir les rushes de cette courte vidéo, parce qu'avec l'intégralité des images je saurai qui a commis cet acte. Je voudrais aussi savoir qui a placé les caméras et pourquoi? Et puis: que comportent toutes les autres heures d'images capturées? (Animal Rights affirme avoir produit un condensé à partir de 59 heures de film, ndlr). Il n'est pas possible que cela se produise de manière structurelle. Egorger un animal vivant, comme les images le laissent supposer, c'est juste impossible. Chaque animal est tué avec un gros coup sur la tête, et seulement ensuite emmené pour être égorgé. Mais oui en effet, si vous n'êtes pas habitué à voir de telles choses, cela donne la chair de poule", explique-t-il, souhaitant remettre les images dans leur contexte. Selon le cabinet Weyts, l'entreprise aura le droit de rouvrir ses portes lorsqu'elle rencontrera toutes les normes en vigueur. Delhaize a cependant déjà annoncé arrêter sa collaboration avec l'usine. Le groupe Colruyt a préféré suspendre temporairement ses commandes.

Schokkende beelden uit slachthuis Izegem - 4' from Animal Rights on Vimeo.

Par: rédaction 13/09/17 - 09h38