COP23: les parlements belges adoptent une déclaration commune

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Une commission interparlementaire associant des délégués des parlements wallon, flamand, bruxellois et fédéral a approuvé lundi à l'unanimité une déclaration commune sur la politique climatique de la Belgique. Adopté à l'avant-veille du segment ministériel de la COP23 à Bonn, le texte assigne une série d'objectifs à la Belgique en vue de lutter contre le réchauffement climatique et favoriser la transition énergétique.

La déclaration s'inscrit dans la feuille de route de la Commission européenne et suggère un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 95% d'ici 2050 par rapport à leur niveau de 1990.  

La pollution automobile est évoquée. Les différentes entités sont appelées à viser la suppression progressive des véhicules particuliers équipés d'un moteur à combustion à l'horizon 2050 et leur réduction de moitié d'ici 2030. Plus généralement, il est demandé de mettre fin progressivement aux subsides accordés aux combustibles fossiles et aux investissements ou participations dans des activités économiques fossiles, en collaboration avec les autres pays européens.

La déclaration invite aussi les parlements à élaborer une loi climat et imposer un "test climat" auquel serait soumise toute nouvelle législation.

Le texte commun insiste encore sur la promotion de l'intermodalité dans les transports et plus particulièrement de l'utilisation du vélo, la suppression progressive des chaudières utilisant des combustibles fossiles, etc. La sortie du nucléaire n'est pas oubliée mais un amendement consacrant la date de 2025 n'a pas été retenu. Il est simplement fait référence à la loi fédérale qui établit, jusqu'à présent, l'échéance de 2025.

"Cette déclaration démontre que, quelle que soit la position des différents partis, il est possible de s'émanciper de ces différences et d'aboutir à un point de vue commun", s'est réjoui le président du parlement wallon, André Antoine.

L'issue positive de cette concertation interparlementaire sur un sujet aussi sensible semblait loin d'être assurée, à entendre plusieurs députés. "Je me réjouis que chacun ait voulu trouver un consensus", a souligné pour sa part le président du parlement bruxellois, Charles Picqué.

"Il faut des politiques autrement plus fortes"
Les écologistes ont insisté sur l'importance d'un changement des politiques pour atteindre les différents objectifs. "Il faut des politiques autrement plus fortes", ont fait remarquer Evelyne Huytebroeck et Philippe Henry. Par décennie, jusqu'à 2050, la Belgique doit réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre.

L'adoption de cette déclaration a été remarquée dans le monde associatif. "Nous attendons maintenant de la réunion interparlementaire un véritable débat de fond pour une vision harmonisée de la politique nationale belge en matière climatique et énergétique", a souligné le CNCD-11.11.11.

En vue de la COP24 en décembre 2018 à Katowice (Pologne), le groupe interparlementaire espère aboutir à une proposition de résolution qui serait soumise à l'approbation des différents parlements.

Charles Picqué, président du Parlement bruxellois. © belga.

Par: rédaction 13/11/17 - 15h55