Uber devra se plier aux règles, assure Pascal Smet

© photo news.

Il n'est pas question de régulariser Uber qui devra se plier aux règles du plan taxis en préparation au profit de l'intérêt, à savoir les chauffeurs, les clients, les bruxellois, les touristes, a affirmé vendredi le ministre bruxellois du Transport, Pascal Smet (sp.a).

"En tant que démocrate, je considère qu'il faut régler l'avenir et non le subir", a-t-il dit d'emblée aux nombreux députés qu'il l'ont interrogé vendredi après-midi au parlement bruxellois (B. Dillies-MR; B. De Lille-Groen; P. Kompany-cdH; Y. Handichi-PTB; F. Ahidar-sp.a; P. Delva-CD&V; C. Delforge-Ecolo; M-J. Ghyssels-PS) au sujet du contenu du plan.

Une septantaine de chauffeurs de taxis ont assisté aux échanges depuis les bancs du public, après s'être présentés rue du Lombard avec leurs véhicules rangés en double file, à la reprise de la séance de l'après-midi.

En gestation en concertation avec le secteur, le plan taxi intégrera une série de principes sur lesquels le gouvernement Vervoort s'est prononcé à la veille des vacances de Pâques, a rappelé le ministre.

"Il y a un problème dans le secteur"
Le ministre n'a pas caché sa volonté de mettre de l'ordre dans le secteur et renforcer la situation juridique du chauffeur. "Les marxistes dans cette salle doivent le savoir, il y a un problème dans le secteur", a-t-il dit à l'attention du PTB et de Céline Delforge - qui s'est défendue d'en être.

"Il y a des faux indépendants mais aussi des faux salariés. Je suis révolté quand un chauffeur doit travailler 60 heures et payer un central 600 euros par semaine ou encore donner 65% des recettes à leur employeur", a notamment dit le ministre, soulignant que la mise en oeuvre du plan ne pourrait se faire sans un accroissement des contrôles et un renforcement des sanctions. "Tous ceux qui roulent sans licence seront, si nécessaire arrêtés manu militari".

Aux yeux du ministre, le chauffeur doit désormais avoir le pouvoir sur sa situation et non l'exploitant, comme c'est le cas actuellement. Le client a quant à lui droit à des prix transparents.

Selon Pascal Smet, on ne pourra plus revendre à l'avenir la licence "qui appartient à l'autorité publique" au marché noir. Les négociations à venir porteront notamment sur l'instauration d'un mécanisme de compensation pour les chauffeurs qui ont parfois dépensé des sommes considérables pour l'obtenir. Le nombre de licences sera progressivement revu à la hausse pour passer de 1.300 à 1.800, un chiffre établi sur foi d'une analyse de la situation dans d'autres villes européennes de taille comparable à Bruxelles.

Pascal Smet a également souligné que le gouvernement bruxellois entendait réglementer toutes les plates-formes de commande.

Les mêmes règles pour tout le monde
"Je m'en fiche d'Uber mais je ne veux pas faire d'exclusivité d'une plate-forme de commande non plus. Il y aura une plate forme bruxelloise et d'autres qui devront avoir un siège en Belgique; y payer des taxes; pratiquer une transparence des prix; ne pas exercer d'exclusivité sur les chauffeurs. Il faudra disposer d'une licence de la Région. Uber peut être actif à condition qu'il respecte les règles comme les autres plates-formes", a encore dit le ministre.

Par: rédaction 21/04/17 - 16h37