Pascal Smet: "Je dérange à Bruxelles et je sais pourquoi"

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Dans l'oeil du cyclone à cause des problèmes de mobilité à Bruxelles, Pascal Smet a défendu sa politique dans une interview pour Le Vif. "En m'insultant, on crache au visage des Bruxellois!", se défend-il.

Les problèmes rencontrés par le viaduc Herrmann-Debroux sont la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Surnommé le "ministre de l'immobilité", taxé "d'incompétent" par Vincent De Wolf, Pascal Smet n'a pas vu venir les problèmes. On lui reproche de ne pas avoir anticipé la fermerture, même brève, d'un tronçon qui relie le Brabant wallon à Bruxelles sur lequel s'engagent des milliers d'usagers chaque jour.

"Durant la période 2009-2014, où je n'étais pas au gouvernement, il n'y a eu aucun suivi", dit-il. "Je dérange et je sais pourquoi: j'opère un changement de paradigme à Bruxelles, je veux que ce ne soit plus une ville pour des voitures, mais pour les gens. Une partie du MR y est allergique. Ils veulent continuer à rouler avec leur bagnole de luxe à n'importe quelle vitesse. Je suis leur ennemi."

Des chantiers et covoiturage
Parcourir Bruxelles en voiture s'apparente pour le moment à un véritable casse-tête, tant les chantiers se multiplient aux quatre coins de la capitale. "Il faut toujours négocier avec dix-neuf communes, dont certaines renâclent ou changent d'avis chaque semaine (...) Tout est lent et compliqué parce qu'il faut négocier tout le temps!", relève-t-il, en soulignant la complexité institutionnelle de la Région bruxelloise.

La solution qu'il prône? Le covoiturage. "On me reproche parfois qu'il n'y a pas assez d'alternatives, des pistes cyclables, des lignes de tram ou de métro - mais c'est précisément ce qu'on est en train de faire... Même ça, c'est compliqué."

 
"Certains veulent continuer à rouler avec leur bagnole de luxe à n'importe quelle vitesse. Je suis leur ennemi"
Pascal Smet, ministre bruxellois de la Mobilité
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par Julien Collignon 12/10/17 - 12h57