Le mode d'emploi du VAR livré par Johan Verbist

© belga.

Avant qu'elle ne soit admise au bord de nos terrains, vous étiez un inconditionnel partisan de l'assistance vidéo? Désormais, vous êtes en train de revoir votre point de vue et vous ne comprenez rien (ou pas grand-chose) à son fonctionnement? Vous vous questionnez sur le rôle rempli par l'arbitre qui se trouve en permanence à proximité de l'écran, et vous vous demandez à quoi servent les personnes présentes dans le "bus", entre autres? C'est bien légitime. On a demandé au grand patron des arbitres d'éclaircir tout ça. Le VAR, mode d'emploi.

Un même acteur qui fait parler de lui lors de deux matches d'une même journée de championnat, il y a un an d'ici, c'était encore impossible. Mais ça, c'était avant. Depuis, le tant espéré VAR est arrivé. Et avec lui, son lot de discussions et d'incompréhensions. En l'espace de 24 heures, à Charleroi et à Genk, il a fait étalage de toute sa complexité. Avec l'aide de Johan Verbist, on a tenté de rendre plus accessible le VAR, ce génie incompris.

Trois personnes sont présentes dans le "bus. Un arbitre vidéo accompagné par un assistant et un opérateur technique qui traite les images. © photo news.

Le dispositif

Lors de chaque rencontre qui bénéficie de l'assistance video, quatre personnes supplémentaires s'ajoutent au corps arbitral habituel (trois se trouvent dans la régie, la quatrième au bord du terrain).

Un arbitre vidéo, présent dans le bus, est en relation directe avec l'arbitre principal. Il lui signifie si oui ou non il a pris la bonne décision lors d'une phase litigieuse. Cet arbitre vidéo est accompagné d'un assistant et d'un opérateur technique qui traite les images.

Plusieurs écrans sont installés dans la régie. Les images disponibles sont celles captées par la réalisation qui diffuse les rencontres de Pro League.

L'arbitre central est en relation directe avec le "video ref" présent dans le bus. © belga.

Le rôle de l'arbitre vidéo terrain

Vous l'avez compris, la personne qui peut confirmer ou infirmer la décision prise par l'arbitre central se trouve dans le bus. Une question vous vient donc logiquement à l'esprit: à quoi sert l'arbitre planté à côté de l'écran et sur qui la réalisation fait un gros plan à chaque fois qu'il est question du VAR.

"Cet arbitre ne dit rien", assure Johan Verbist. "Il n'a absolument aucun pouvoir de décision. Il est là pour aider l'arbitre central lorsqu'il est appelé à consulter lui-même les images. Il doit s'assurer que les staffs techniques et les joueurs laissent l'arbitre tranquille lors du visionnage. Son rôle s'apparente à celui du quatrième arbitre".

L'arbitre vidéo terrain (à droite) s'assure que l'arbitre central puisse consulter les images dans de bonnes conditions. Son rôle est semblable à celui du quatrième arbitre. © photo news.

Le VAR, à quels moments?

L'assistance vidéo peut intervenir dans quatre situations précises. Pour valider ou non un but, pour se positionner sur un penalty, pour attribuer un carton rouge ou pour corriger l'identité d'un joueur sanctionné à la place d'un autre et ce uniquement en cas d'expulsion. "Si un joueur reçoit un carton jaune à la place d'un autre, le VAR ne peut pas rectifier."

À la question: "Le VAR aurait-il pu et dû intervenir pour le coup de coude de Seck préalable à la mauvaise réaction de Luyindama?", vous répondez quoi? Oui!? Raté. "L'assistance vidéo a eu raison de ne pas réagir car le carton rouge n'est pas évident sur cette phase. Certains arbitres se seraient contentés d'un avertissement. Le VAR ne peut se manifester que lorsque l'expulsion est claire et incontestable", précise Johan Verbist. Dès qu'il y a hésitation et que la phase n'est pas limpide, on parle de "zone grise."

Johan Verbist, grand patron des arbitres belges. © photo news.

Le VAR in, Review Commission out

Le VAR et la Review Commission ne sont pas amis. Impossible de faire appel aux deux pour une même et unique rencontre. Lorsqu'un match bénéficie de l'assistance vidéo, il ne faut pas espérer voir l'une des phases discutables être traitée par la Rewiew Commission. "C'est exclu", résume Johan Verbist.

À la question "Seck risque-t-il d'être suspendu a posteriori  après le coup porté à Luyndama?", vous répondez quoi? Non!? Vous avez raison.

Vous avez vu, c'est pas si compliqué le VAR.

Le VAR n'avait pas le droit d'intervenir pour le coup de Seck sur Luyindama et la Review Commission ne pourra pas suspendre le Limbourgeois a posteriori. © belga.

Anthony Marcou 10/04/18 - 07h00