Sven Mary rappelle à Jambon les principes de la séparation des pouvoirs

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"Il est temps de rappeler au ministre Jambon les principes de la séparation des pouvoirs", réagit dimanche Sven Mary, l'avocat de Salah Abdeslam, après la sortie médiatique du ministre de l'Intérieur (N-VA). Sur la VRT, ce dernier a confié qu'il trouvait incompréhensible que l'homme de droit ait demandé l'irrecevabilité des poursuites pour son client lors du procès de la fusillade à Forest en mars 2016. "Le ministre met le tribunal sous pression dans un dossier très délicat."

"Il est inacceptable qu'un ministre en fonction s'implique dans une affaire pendante devant un tribunal", clame Sven Mary. "De cette manière, il met sous pression le tribunal dans un dossier délicat, avec un problème délicat."

"Je prends également acte du fait qu'il estime qu'on ne puisse demander l'acquittement pour quelqu'un comme Salah Abdeslam et affirme qu'un avocat n'est là que pour faire en sorte qu'une personne reçoive une peine correcte", poursuit l'avocat. "Ce n'est pas vrai, un avocat doit avant tout s'assurer que les règles de droit et de procédure sont respectées, même pour quelqu'un comme Salah Abdeslam. Avec ces déclarations populistes, il amadoue peut-être un large public mais ce n'est pas son rôle en tant que ministre."

Tacle à la N-VA
"La N-VA doit peut-être aussi s'interroger sur la raison pour laquelle il n'y a plus de juge d'instruction bilingue à Bruxelles", analyse encore le pénaliste. "C'est le résultat de la scission du tribunal de première instance de Bruxelles en un tribunal francophone et un autre néerlandophone."

Dans un communiqué, les députées Sofie De Wit et Kristien Van Vaerenberghe ont rappelé que la N-VA n'avait pas soutenu la 6e réforme de l'Etat, qui a mené à cette scission.

Du côté francophone, la co-présidente d'Ecolo Zakia Khattabi a elle aussi déploré l'attitude du ministre de l'Intérieur. "C'est quand même vachement confortable de faire de la politique à la N-VA. On ne s'embarrasse ni de la séparation des pouvoirs, ni de l'État de droit, ni d'un quelconque devoir de réserve", a-t-elle dit sur Twitter.

Par: rédaction 11/02/18 - 17h45