L'UE se trompe en menaçant la Hongrie, selon Orban

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a reproché vendredi à l'Union européenne sa stratégie "erronée" consistant à menacer son gouvernement de sanctions en raison des critiques liées au respect des libertés en Hongrie.

Le Parlement européen s'est prononcé mercredi pour le déclenchement d'une procédure de sanction contre le pays, ce qui serait une première dans l'UE, estimant que la situation actuelle en Hongrie présente "un risque clair de violation grave" des valeurs fondamentales de l'Union.

"L'Europe ce n'est pas Bruxelles"
Cette résolution, également approuvée par près d'un tiers des eurodéputés conservateurs du groupe PPE (droite) - où siègent les députés hongrois du parti de M. Orban, "montre que toute la politique européenne est viciée", a affirmé le dirigeant souverainiste sur la radio publique.

"L'Europe ce n'est pas Bruxelles, ce sont les Etats nations (...) et si les Etats nations ne sont pas respectés par les institutions et ceux qui en ont la charge, c'est décourageant (...) Ils dépendent de nous et non l'inverse, l'ensemble de cette approche est une erreur, la résolution du parlement européen est la marque d'une politique erronée", a ajouté M. Orban.

L'UE craint une dérive autoritaire en Hongrie
La Commission européenne a également haussé le ton contre Budapest en ouvrant fin avril une procédure d'infraction contre sa loi sur les universités étrangères, l'une des initiatives qui font craindre à l'UE une dérive autoritaire du gouvernement de Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010.

L'UE menace également de lancer des procédures d'infraction en juin contre la Hongrie et la Pologne si elles refusent toujours d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce, comme l'impose un plan européen de 2015.

George Soros, l'"ennemi public"
Cette question des migrations "est l'une des véritables raisons des attaques actuelles à notre égard", a estimé M. Orban vendredi, accusant un "groupe d'intérêt" de vouloir "faire entrer tous les ans plusieurs centaines de milliers, voire un million et demi d'étrangers dans l'UE".

Le Premier ministre, ouvertement hostile à l'arrivée de migrants qui selon lui remettent en cause l'"identité" européenne, a de nouveau accusé le milliardaire George Soros, américain d'origine hongroise, d'avoir "conçu, partiellement financé et organisé" ce qu'il qualifie de politique pro-migrants en Europe.

M. Orban a fait de George Soros sa bête noire, récemment qualifié d'"ennemi public" en raison des valeurs libérales que ce dernier promeut via des organisations qu'il finance en Europe.

Par: rédaction 19/05/17 - 16h07