Des migrants occupent un hôtel bruxellois: "Nous ne voulons pas retourner en Afrique"

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Un groupe de 80 demandeurs d'asile occupe depuis mercredi soir l'hôtel Astrid, un établissement désaffecté situé place du Samedi, non loin de la place Saint-Catherine, à Bruxelles. Ces migrants - dont une grande partie a vu sa demande d'asile rejetée - réclament des documents de séjour et demandent à Theo Francken de les régulariser. Le cabinet du secrétaire d'Etat à l'Asile et à l'Immigration réagit de manière très ferme: "Pas question de les régulariser".

L'installation dans le bâtiment, inoccupé depuis avril 2016, s'est déroulée très rapidement mais sans incident. Le collectif prendra contact avec le propriétaire des lieux et espère qu'une solution plus pérenne pourra être trouvée à l'approche de l'hiver.

Migrants économiques
La plupart de ces personnes sont des migrants économiques, venus de Gambie et du Ghana, deux pays dans une situation politique et sociale compliquée mais pas touchés par la guerre. D'où le rejet de leur demande. "Nous ne voulons pas retourner en Afrique. Nous voulons rester ici. La Belgique est un bon pays. Nous demandons des papiers de séjour et un toit. Certains d'entre nous séjournent de manière illégale en Belgique depuis 10 ans. Cela ne peut plus continuer", expliquent-les occupants, bien décidés à poursuivre leur action jusque cet hiver au moins.

Les migrants du collectif la Voix des Sans-Papiers occupaient depuis juillet dernier une maison de repos vide d'Etterbeek. Le bourgmestre de cette commune avait en effet réquisitionné le bâtiment qui devait prochainement faire l'objet de travaux de rénovation. Une convention avait été passée avec les migrants pour leur permettre d'occuper temporairement ce bien jusqu'au 15 septembre prochain.

C'est faute de solutions de ré-hébergement, que les migrants de la Voix des Sans-Papiers ont décidé ce mercredi d'occuper un hôtel désaffecté du centre-ville. Le collectif espère à présent que le bourgmestre de la Ville de Bruxelles prendra une initiative similaire à celle de son homologue d'Etterbeek, en réquisitionnant un bâtiment.

"Pas question d'une régularisation collective"
La police ne compte pas intervenir pour l'instant et attend les instructions du bourgmestre Philippe Close, qui n'a pas l'intention de les déloger. "C'est d'abord au propriétaire des lieux de nous informer de l'occupation, ce qui n'a pas encore été fait. Donc pour l'instant, nous ne bougeons pas", tient à préciser le porte-parole du maïeur bruxellois.

Du côté du cabinet Francken, la fermeté est de mise. "Si l'exigence des occupants est une régularisation collective, notre réponse est claire: pas question", a réagi Katrien Jansseune, porte-parole du Secrétaire d'Etat N-VA.

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Michaël Bouche 14/09/17 - 11h29