La voie royale pour Macron

Désormais doté d'une franche majorité à l'Assemblée nationale, le président centriste Emmanuel Macron va pouvoir s'atteler à ses chantiers de réformes, parfois délicats, qu'il espère mener en France mais aussi en Europe.

Son pari du renouvellement a été tenu avec la fin du bipartisme droite gauche, la prééminence d'un bloc centriste, le nombre record de femmes et une entrée massive de nouveaux élus (424 sur 577). Ses nouvelles priorités sur le plan intérieur: moraliser la vie politique, réformer le droit du travail et renforcer l'arsenal de lutte contre le terrorisme.

Un gouvernement légèrement remanié
Le Premier ministre français Édouard Philippe devrait remettre incessamment la démission de son gouvernement, une formalité classique après un scrutin législatif. Ce dernier parachève la conquête éclair du plus jeune président de France. Le chef du gouvernement, issu de l'aile modérée du parti de droite Les Républicains, devrait reprendre les rênes, à l'issue d'un "remaniement technique" d'ampleur limitée, selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Le parti présidentiel la République en marche (REM) et sa formation alliée du MoDem ont obtenu dimanche une confortable majorité absolue à l'Assemblée et balayé les autres partis: 350 des 577 sièges, dont 308 pour REM seul.

La déroute du PS, Marine Le Pen à l'Assemblée
Laminé, le parti socialiste n'obtient que 29 élus contre 284 dans l'Assemblée sortante. Les Républicains parviennent à en conserver 113 (131 avec leurs alliés centristes). Déçu dans ses ambitions, le parti d'extrême droite Front national conquiert néanmoins 8 sièges (contre 2 auparavant), dont un pour sa présidente Marine Le Pen.

Une Assemblée mal élue?
Les électeurs ont-ils pour autant donné un blanc-seing au jeune président pour conduire ses réformes ? Pas tout à fait, relève la presse, en raison de l'abstention historique ayant marqué l'élection (57% au second tour contre 51,3% au premier tour), perçue comme le refus d'une "carte blanche" au nouvel exécutif.

"Le peuple est entré en grève générale civique", a de son côté lancé le héraut de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, lui-même élu à Marseille (sud) et dont le parti vieux d'un an à peine, La France insoumise, a gagné 17 sièges.

Renouvellement
Car cette élection a consacré les jeunes partis et les nouveaux venus en politique : 91% des nouveaux députés REM et 100% de ceux de la France insoumise n'ont jamais siégé à l'Assemblée. Sur les 345 députés candidats à leur réélection, seuls 140 ont passé la rampe. "Il y a un an, personne n'aurait imaginé un tel renouvellement politique", a souligné dimanche soir Édouard Philippe.

Pour le constitutionnaliste Didier Maus, "on a tiré contre tout ce qui représentait un système antérieur et on essaie autre chose".

Macron, le président qui "marche sur l'eau"
Dans cette configuration, le chef de l'État, qui "marche sur l'eau" selon le journal The Economist, a les coudées franches pour lancer de délicates réformes d'inspiration libérale-sociale.

Par: rédaction 19/06/17 - 12h06