Le président du parlement flamand critique l'Europe et l'Espagne pour la gestion de la crise catalane

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Le président du parlement flamand, Jan Peumans (N-VA) a critiqué l'Europe samedi lors de son discours annuel prononcé à l'occasion du pèlerinage de l'Yser à Dixmude (Flandre occidentale). Il a blâmé l'Europe à la suite de la crise en Catalogne, pointant surtout du doigt la non-reconnaissance par l'Union de la région espagnole comme nation. Le pèlerinage de l'Yser rend hommage aux soldats belges morts au front pendant la Première Guerre mondiale.

Alors que la crise fait rage entre l'Espagne et la Catalogne, le président du parlement flamand a tiré à boulets rouges contre l'Espagne. "Les autorités espagnoles ont annulé l'autonomie légalement acquise de la région catalane d'une manière qui suggère le pire".

Critiques adressées à l'Espagne
"Le gouvernement Rajoy nie les aspirations démocratiques de 7,5 millions de Catalans d'une manière qui nous rappelle ce qui est arrivé à la Flandre il y a environ 100 ans", lorsqu'elle a réclamé davantage d'égalité, s'est exclamé M. Peumans lors de son discours prononcé à l'occasion du pèlerinage de l'Yser. "Nous devons remonter loin dans l'histoire de l'Europe occidentale pour trouver un précédent avec un gouvernement qui retire violemment à sa propre population ses droits de parole et de vote."

Critiques adressées à l'Europe
M. Peumans a également critiqué l'attitude de l'Europe. "Il est affligeant d'entendre des plus hauts dirigeants européens qu'une nation qui se sépare de son Etat central disparaitrait automatiquement de l'Union européenne. De telles menaces traduisent une approche de la carotte et du bâton, insufflée par des dirigeants réactionnaires. Il vaudrait mieux que l'Europe consacre son énergie à faciliter un dialogue entre la Catalogne et l'Espagne. Visiblement, cela ne correspond pas à la vision de la génération actuelle des dirigeants européens, qui rêve d'une Europe souveraine et unie, avec un roi soleil à sa tête. Leur politique mène à une suprématie malsaine de quelques grands blocs de pouvoirs en Europe", a-t-il conclu.

"La répression, rien de plus"
Le président du comité de pèlerinage, Paul De Belder, s'est également exprimé et a tracé un parallèle entre la Flandre de 1917 et la Catalogne actuelle. Aux demandes des Flamands pour plus d'égalité, "la réponse de l'ancien establishment belge a été la même que celle de l'Espagne soi-disant démocratique actuellement: la répression, rien de plus".

"Silence assourdissant"
M. De Belder ne comprend pas pourquoi l'Europe n'agit pas davantage. "La réponse de ces prétendus dirigeants du monde libre? Un silence assourdissant! L'Europe se tait dans toutes les langues, détourne les yeux et laisse de facto le champ libre à M. Rajoy. (...) Elle risque de perdre sa dernière once de crédibilité."

Ne pas "succomber aux diktats belges"
Il a également prié le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA) de ne pas "succomber aux diktats belges. La Belgique n'a ici aucun droit moral à s'exprimer car elle est elle-même le résultat d'un putsch violent, commis par une minorité complètement illégitime, à l'encontre toutes les constitutions possibles et les normes de droit international, sans le moindre référendum préalable".

Par: rédaction 11/11/17 - 15h40