"Liberté!", "indépendance!", clament des centaines de milliers de manifestants

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Des centaines de milliers de manifestants ont réclamé, samedi à Barcelone, la remise en liberté des dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés, une démonstration de force d'un mouvement qui se réorganise après une déclaration d'indépendance de la Catalogne annulée par la justice espagnole. La manifestation a rassemblé plus de 750.000 personnes, selon la police municipale.

"Liberté pour les prisonniers politiques", "Nous sommes une république", clamaient deux banderoles en tête du cortège, tenues par des proches des dix dirigeants incarcérés, tandis que les cris de "liberté!", "indépendance!", "forces d'occupation, dehors!" fusaient.

Cette mobilisation devait servir de test pour le mouvement indépendantiste avant des élections cruciales convoquées pour le 21 décembre dans cette région placée sous la tutelle de Madrid.

Un message du président catalan destitué, Carles Puigdemont, désormais installé à Bruxelles, a été diffusé au cours du rassemblement pour appeler les indépendantistes à "se faire entendre, de tout le monde".

Bien que la déclaration d'indépendance - votée le 27 octobre par 70 des 135 députés catalans - soit restée sans effets et ait été annulée par la justice espagnole, des manifestants affirmaient leur détermination à la voir aboutir un jour.

Le slogan "Puigdemont est notre président!" a été maintes fois scandé. Visé par un mandat d'arrêt européen à la demande de la justice espagnole, il se trouve à Bruxelles depuis le 30 octobre avec quatre membres de son gouvernement.

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"Un gouvernement irresponsable"
De son côté, la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau, non indépendantiste, avait annoncé qu'elle participerait à la manifestation pour demander la libération des élus et des dirigeants associatifs incarcérés. Mais elle s'était auparavant livrée à une charge virulente contre les responsables indépendantistes, fustigeant "un gouvernement irresponsable" ayant conduit la Catalogne "au désastre". Elle a aussi critiqué Carles Puigdemont pour avoir "disparu" après la déclaration d'indépendance.

La manifestation avait été convoquée par deux puissantes organisations séparatistes - l'Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium - pour appeler à la remise en liberté de leurs deux dirigeants incarcérés, ainsi que de huit anciens membres du gouvernement catalan destitué à la suite de la déclaration d'indépendance. Le 8 novembre, une juge madrilène avait ordonné le placement en détention provisoire des huit "ministres" catalans relevés de leurs fonctions, dans le cadre d'une enquête pour "sédition", "rébellion" et "détournements de fonds" publics.

L'une des égéries du mouvement indépendantiste manquait à l'appel dans la manifestation: la présidente du Parlement catalan dissous, Carme Forcadell, libérée sous caution vendredi après une nuit en prison. En n'y participant pas, elle a "suivi les conseils de son avocat", a simplement expliqué à l'AFP un porte-parole. Entendue jeudi par un juge de la Cour suprême, avec cinq autres parlementaires catalans, Carme Forcadell avait évité la détention provisoire après s'être engagée à "renoncer à tout acte hors du cadre constitutionnel".

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Par: rédaction 11/11/17 - 21h53