Les "appâts" d'Harvey Weinstein: sa technique pour arriver à ses fins

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Les accusatrices d'Harvey Weinstein sont toujours plus nombreuses et une question se pose aujourd'hui: comment ce monstre hollywoodien, dans tous les sens du terme, a-t-il pu attirer toutes ces femmes dans sa chambre d'hôtel ou dans son bureau sans les effrayer de prime abord?

Selon les révélations du New York Times, une personne, agent ou assistant, était présente jusqu'au moment critique. Harvey Weinstein leur donnait ensuite l'ordre de s'échapper pour qu'il puisse faire ses avances en toute tranquillité.

Zoe Brock, mannequin néo-zélandais, se souvient que Weinstein et son assistant, Ben Silverman, ne la quittaient pas lors du Festival de Cannes en 1997. Elle faisait la fête avec d'autres personnes quand "tout à coup l'énergie a changé". Les gens étaient partis rejoindre leur lit ou d'autres soirées. Ben s'est absenté pour passer un coup de fil. "Et soudain, j'étais seule dans une chambre d'hôtel avec ce putain d'Harvey Weinstein." Il lui a demandé un massage, elle a refusé.

Elle confie que Silverman est revenu "mal à l'aise". "Il ne croisait plus mon regard. Je l'aimais bien. Je me suis sentie trahie et utilisée." Elle jure que Silverman était "dans le coup". "Mon instinct me dit qu'il savait. Chaque fois que je le dis, je suis dégoûtée. Ils utilisaient ce code de mecs que beaucoup utilisent. Un code qui dit que c'est ok de laisser vos amis intimider, menacer, manipuler les femmes et de les mettre dans des situations sexuelles contre leur gré."

Cara Delevingne raconte la même chose. "Quand je suis arrivée, j'étais soulagée de trouver une autre femme dans la pièce, j'ai pensé immédiatement que j'étais en sécurité", écrit-elle sur Instagram.

Le New Yorker fait état de la "culture de la complicité" dans la société Weinstein. L'article décrit notamment "un modèle de réunion professionnelle qui n'était rien de plus qu'un mince prétexte pour qu'il puisse faire des avances sexuelles à des jeunes actrices ou mannequins." Certains employés confient avoir été "engagés dans des subterfuges pour rassurer les victimes".

Une cadre de la Weinstein Company raconte que les assistants de Weinstein servaient d'appât. Ils étaient présents au début de la réunion et pour une raison ou une autre, Weinstein les congédiait en cours de route afin d'être seul avec la femme qu'il convoitait.

Selon le New Yorker, 16 employés (actuels et anciens) ont été témoins de gestes déplacés ou savaient qu'Harvey Weinstein harcelaient les femmes qu'il rencontrait dans le cadre de son travail.

Par: Deborah Laurent 13/10/17 - 08h00